jeudi 28 mai 2015

L'incapacité au travail augmente

Des chercheurs tentent depuis 20 ans de diminuer l'absence au travail causée par des problèmes de santé. L'objectif est de diminuer les coûts de gestion de l'absentéisme au travail. Lors d'un récent collque à l'Acfas, Marie-José Durand, professeure à l'École de réadaptation de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l'Université de Sherbrooke a fait le point.
 
On sait de mieux en mieux comment se comporter avec des maux de dos. Les accidents professionnels provoquant des troubles musculo-squelettiques ont diminué et un progrès a été réalisé dans ce secteur. Des programmes de retour précoce au travail sont maintenant adoptés. Un travail allégé permet souvent de poursuivre leurs activités rapidement car on élimine en partie les obstacles et les contraintes à l'exécution de la tâche. Dans certains cas, le retour au travail est 2,4 fois plus rapide. Un succès obtenu par des recherches et des modèles étudiés depuis 1997 à l'Université de Sherbooke.
 
 
Mais maintenant ce qui devient plus important c'est la recrudescence de l'absentéisme liée aux problèmes de santé mentale. Depuis une dizaine d'années, on diagnostique plus souvent des troubles anxieux et d'adaptation, des dépressions, relève la scientifique. Le travail  plus intense, la précarité de l'emploi et le stress professionnel plus présents, entraînent des problèmes nouveaux.
 
D'autres chercheurs travaillent sur la réinsertion au travail après avoir survécu à un cancer. La recherche continue et Mme Durand  y consacre beaucoup d'énergie.
 
(Source: Le Devoir, article de Réginald Harvey)

Les faits ou le oui-dire

Le scientifique n'aime pas les débats d'opinion et d'émotion. Il veut des faits. Comme dans un tribunal, le juge veut une présentation de faits. Les jurés ont la même information et, à partir d'elle, prennent une décision éclairée. Le scientifique veut apporter des faits et les mettre à la portée des autres. Ainsi chaque décideur pourra réfléchir à ce qui sera le meilleur choix sans devoir faire confiance au oui-dire inacceptable en sciences.
 
Philippe Archambault, professeur à l'Institut des sciences de la mer de l'Université du Québec à Rimouski, a participé à l'un des 135 colloques du 83e Congrès de l'Acfas. "Sommes-nous prêts pour l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures ?" était la question analysée dans son colloque. Spécialiste de la biodiversité, il est préoccupé par l'environnement du golfe et de l'estuaire du Saint-Laurent.  Il encourage une discussion citoyenne, à partir de faits reconnus,  des enjeux socioécologiques.  Un objectif  actuellement pour lui et son équipe. Un processus sain pour  obtenir de vrais débats.
 
Son équipe veut  créer un site Web et donnera accès à l'information disponible validée par des scientifiques. Différents spécialistes résumeront leurs connaissances sur les diverses facettes de la question des hydrocarbures dans le Saint-Laurent. Une vingtaine d'experts ont déjà accepté de collaborer à ce projet. Des enjeux complexes, des décisions rationnelles.  Un bon début pour un processus qui devrait s'élaborer sur trois ans.
 
(Source: Le Devoir,  article de Claude Lafleur)

L'art fait du bien

Souvent l'art est synomyme du plaisir et de la joie. L'art nous accompagne toute notre vie, dès l'enfance et jusqu'au trépas. Chaque personne peut chanter, dessiner, danser, peindre. Pour le simple plaisir de créer et de vivre en action. La joie apparaît par la connexion avec l'autre. Le chef-d'oeuvre n'est pas nécessaire pour rendre heureux.
 
La jeune personne s'exprime facilement par la danse et apprend ainsi à mieux aimer son image corporelle. L'enfant chante, dès qu'il veut charmer ses parents, des comptines puis des chansons. Il dessine de jolies et farfelues formes de toutes les couleurs pour plaire à ses amis et à sa famille.
 
Le processus est plus important que l'oeuvre pour la majorité d'entre nous. Ressentir un bien-être, s'exprimer, s'épanouir, améliore la vie de beaucoup de gens. Il n'est pas nécessaire de comprendre ni d'intellectualiser l'action. Il suffit de miser sur ses bons coups et de progresser. Une prise de pouvoir sur soi-même devient, par l'art, un nouvel outil pour se transformer et se sentir meilleur.
 
Même l'aîné, accompagné, peut se déplacer avec des petits pas dansés. Le mouvement devient plus amusant et la relation entre l'aidant et l'aîné se solidifie dans la confiance. L'art devient alors un outil pour changer la vie. Comme spectateur, auditeur ou acteur.
 
 
(Source: Inter de l'Uqàm)

lundi 25 mai 2015

Le développement du territoire

Dans le cadre du confrès actuel de l'Acfas, on se penchera sur les inégalités sociales et environnementales. Nathalie Lewis, professeur au Département sociétés, territoires et développement, questionne ces inégalités. Elle explique à Pierre Vallée, dans l'édition de la fin de semaine dernière du Devoir, qu'habituellement les groupes environnemtaux protègent l'environnement et les groupes sociaux dénoncent les inégalités sociales. Au lieu de travailler en silo, elle propose donc de travailler ensemble pour une meilleure justice environnementale.
 
Depuis plus de 40 ans, les chercheurs ont constaté que certaines pratiques nuisibles à l'environnement se trouvent surtout dans les secteurs les plus pauvres du territoire. Les populations vivant près des usines polluantes, près des sites d'enfouissement, subissent une inégalité environnementale supplémentaire. Il est difficile de protéger une zone densément habitée. Nathalie Lewis propose de se demander si une action protectrice de l'environnement créera une injustice. Favorise-t-on les gros joueurs de l'industrie et refile-t-on les coûts sociaux et environnementaux à la collectivité qui accueille l'exploitation ?
 
Actuellement, on justifie le modèle courant d'exploitation des ressources naturelles par les emplois créés. Elle constate qu'avec les avancées technologiques, la main-d'oeuvre est de moins en moins sollicitée. La collectivité en retire-t-elle de réels bénéfices ?
 
Elle estime que, pour décider si un projet est souhaitable pour tel territoire et pour la société, les promoteurs devraient faire la preuve que l'exploitation des ressources naturelles favorise davantage la pérennité de la collectivité et de son économie. Tous devraient y trouver un avantage.
 

jeudi 21 mai 2015

Coûteuse illusion

Marc Durand, ingénieur en géologie, qualifie ainsi la rentabilité de l'exploitation de l'ensemble du territoire d'Anticosti. Chaque puits foré, selon ses calculs, coûterait jusqu'à 10 millions de dollars. Cette évaluation est semblable à ce qui existe dans d'autres régions quand les infrastructures ne sont pas encore existantes, comme sur Anticosti. Comme seulement aussi peu que de 1 % à 2 % de la ressource pétrolière serait extraite, il évalue la perte à plusieurs milliards de dollars.
 
Pourtant si l'exploitation du pétrole de schiste est autorisée sur cette île, le gouvernement du Québec a prévu des scénarios de forage. Entre 3 900 et 6 500 puits pourraient être forés pour exploiter les ressources hypothétiques fossiles du sous-sol. La production commerciale démarrerait dès 2020. 150 puis forés annuellement. Sur une période de 56 ans pour le scénario "Moins" et sur une période de plus de 75 ans, pour le scénario "Plus".
 
Aucun gisement pétrolier n'a été découvert sur Anticosti, malgré des décennies de recherche. Selon le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), l'humanité doit se fixer une cible de zéro émissions de gaz à effet de serre en 2100 pour éviter les pires effets des bouleversements climatiques.
 
Le Fonds monétaire international (FMI) estime que les subventions mondiales consacrées au secteur des énergies fossiles atteindront 5300 milliards de dollars en 2015, soit 10 millions par minute. Les bouleversements climatiques augmentent la fréquence et l'ampleur des événements climatiques extrêmes. L'eau potable diminue en quantité et en qualité tout comme les rendements agricoles. La biodiversité recule. Le FMI recommande de déplacer ces sommes allouées pour augmenter les dépenses publiques et faire croître l'économie. Tout à fait le contraire de que nos élus proposent actuellement. La santé et l'éducation subissent des compressions et on verse 210 820 $ à la firme WSP Canada pour prévoir les infrastructures nécessaires pour exploiter le pétrole d'Anticosti, un réseau de pipelines, un port pétrolier, etc.
 
Il y a trente ans on ne connaissait ps le réchauffement climatique. Ce n'est plus le cas. Même la famille Rockfeller ne désire plus investir dans le pétrole, pour des raisons morales, affirme le militant écologiste le plus influent des États-Unis, Bill McKibben.
 
(Source: Le Devoir)

dimanche 17 mai 2015

Le film "L'or du golfe"

Le jeu d'exploiter le pétrole au Québec en vaut-il la chandelle ? L'or du golfe examine trois projets pétroliers. Kevin Parent, chansonnier gaspésien, fait la narration du film. Explorer la structure géologique Old Harry dans le golfe du Saint-Laurent, entre Québec et Terre-Neuve, le pétrolde de schiste sur l'île d'Anticosti et l'exploitation pétrolière en Gaspésie comporte nettement des risques.
 
Le film évalue que les bénéfices sont surévalués et les coûts sont sous-évalués. Le réalisateur Ian Jaquier estime qu'un déversement de pétrole serait désastreux pour l'industrie de la pêche. Et le tourisme ?
 
À Anticosti, le projet risque de détruire l'écosystème d'un joyau naturel unique. Les camions devront transporter une telle quantité d'eau alors que les infrastructures pour permettre ce transport sont encore inexistantes. Le gouvernement serait probablement en conflit d'intérêts car il serait à la fois promoteur et juge, expose le film.
 
La population est divisée.Elle craint une contamination de l'eau potable. La ressource de l'eau vaut-elle la ressource du pétrole ? L'eau est nécessaire à la vie. Le pétrole façonne la géopolitique de la planète. Des conflits territoriaux sont-ils prévisibles ? Les citoyens de petites communautés sont-ils des pions  face aux promoteurs qui ont droit au pétrole caché dans le ventre de la terre ?
 
À Anticosti, c'est le gouvernemenet du Québec qui paie la plus grande part de la facture pour ces travaux d'exploration. Une enveloppe budgétaire de 100 millions de dollars dont 57 % proviennent de Ressources Québec. Le reste provient d'une filiale d'une société française, Maurel et Prom.  Québec a aussi lancé un appel d'offres pour connaître quelles infrastructures seraient nécessaires pour exploiter le pétrole de l'île: des pipelines, des routes, etc. Cette étude  nous coûte 125 000 $ et sera remis le 30 juin au plus tard.
 
L'an prochain, on prévoit utiliser la technique de la fracturation hydraulique pour réaliser les forages. Une technique qui sera tentée pour la première fois au Québec pour l'exploration pétrolière. Hydrocarbures Anticosti est en retard par rapport à son calendrier. Les coûts risque de grimper.
 
Ne serait-il pas temps d'investir dans la recherche et le développement de nouvelles solutions ? Pourquoi cette volonté d'assurer la transition vers le système énergétique sobre en carbone est freiné ? Les énergies vertes deviendront pourtant une nécessité pour contrer les changements climatiques. Pourquoi retarder leur développement ?
 
(Source: Les Affaires et Le Devoir)

mardi 12 mai 2015

"Quand on viole l'état de droit, on viole la démocratie."

Frédéric Bérard, spécialiste du droit constitutionnel, nous rappelle qu'ainsi  "cela devient la loi du plus fort. Et le plus fort, c'est l'État, c'est la police." Il affirme qu'il est rentable politiquement de violer les droits fondamentaux. La population appuie silencieusement la petite dérive autoritaire de la répression et l'État policier se met doucement en place.
 
Lors de manifestations  illégales, les contrevenants ont des conditions de libération, dont celle d'éviter de se trouver dans une manifestation illégale, pour ne pas risquer la prison. Comme la majorité des manifestations sont déclarées illégales, l'avocate Véronique Robert considère que  cela équivaut à nier le droit de manifester. Les casseurs, il est normal de les arrêter. Mais les innocents qui ne font rien de mal, pourquoi ?.
 
Les perturbations sociales du printemps 2015, sous toutes les formes de manifestations, sont réprimées dans un contexte de durcissement, selon Denis Saint-Martin, professeur au Département de science politique de l'Université de Montréal. Perturber l'ordre public et l'État policier doucement s'installe. Cela fait bien l'affaire du pouvoir. Un manifestant arrêté cesse de critiquer et entre dans ses terres. Les gens ont  peur et se taisent. Et le 1 % peut décider ce qui est le mieux, selon ses propres intérêts.
 
La loi C-51, adoptée à Ottawa la semaine passée, donne aussi de nouveaux pouvoirs aux forces de l'ordre. Au nom de la lutte contre le terrorisme, l'autoritarisme s'installe.
 
L'égalité des chances a déjà été  un objectif pourtant. Les pouvoirs publics y croyaient durant les années 1960, 1970 et 1980. Ils ont mis en place des mesures pour y arriver en améliorant l'éducation et la santé. Des moyens reconnus pour permettre de mieux réussir dans la vie et mieux réussir sa vie tout en accélérant la montée des marches de l'échelle sociale.
 
Maintenant, on pense surtout restrictions budgéraires dans les domaines de l'éducation et de la santé. Un paradoxe remarquable. L'utilisateur-payeur s'insère lentement dans les mentalités. On aidera le bien-nanti de peur qu'il aille investir ailleurs ou qu'il vote autrement.
 
Les inégalités sociales inquiètent dorénavant même le Fonds monétaire international, le Forum économique de Davos et l'OCDE.  Les débats publics s'en préoccupent. Un nouveau risque qui pourrait devenir source de graves dégâts dans le monde au cours des prochaines décennies.
 
(Source: Le Devoir)