vendredi 26 décembre 2014

Une trêve historique: centenaire

Un événement unique dans l'histoire de la guerre. En cette nuit-là de Noël  1914, des soldats ont fraternisé malgré l'horreur. Les guerriers d'un camp sont sortis de leur tranchée et ont chanté Sainte Nuit.  Leurs adversaires ont applaudi puis sont allés leur faire une accolade. C'était une parenthèse d'humanité et de fraternité à souligner. Puis ils ont joué au soccer, échangé bière et cigarettes, en oubliant les tranchées pendant quelques heures. Comme quoi le meilleur peut triompher en cette nuit de tendresse et de partage.
 
Le film français Joyeux Noël, de Christian Carion, nous raconte avec éloquence cet épisode de la guerre. Produit en 2005, il est toujours d'intérêt pour revoir ces soldats défiant les ordres de leurs chefs pour fraterniser avec l'adversaire. Un beau message d'espoir pour croire encore en l'avenir de l'humanité.
 
La semaine dernière, des soldats britanniques et allemands ont décidé de rejouer le match de soccer historique de cette trêve. Ils ont célébré ainsi le centenaire de la Grande Guerre. Il est bon de se souvenir que l'amour triomphe de la haine, parfois. La richesse du coeur invite, à certaines occasions, les petits, les sans-voix, les pauvres, les isolés, ceux qui n'ont rien, à saisir l'invitation de ceux qui essaient de faire le bien autour d'eux et prennent les moyens d'aider les autres.
 
La joie de Noël est magique.  Encore aujourd'hui.
 
(Source: Le Devoir)

samedi 20 décembre 2014

L'économie verte par les déchets organiques

Le nouveau Centre de valorisation des matières organiques (CVMO) à Saint-Hyacinthe a été inauguré le 25 novembre dernier. Le Comité des citoyens et citoyennes pour la protection de l'environnement maskoutain (CCCPEM)  lève un chapeau de fierté pour cette nouvelle entreprise dans la voie du XXIe siècle.
 
Alors qu'il y a à peine 20 ans, le conseil municipal refusait de municipaliser la gestion des déchets, un long chemin a été parcouru. Depuis 2007, une collecte à trois voies a permis de détourner 60 % des matières organiques des décharges.
 
Maintenant avec la biométhanisation, la facture pour gérer les déchets diminue et du gaz naturel est produit. Depuis septembre, deux entreprises de récupération transportent des résidus solides organiques provenant des épiceries, entre autres, vers le CVMO. Depuis décembre, les matières organiques des 23 municipalités de la Régie intermunicipale d'Acton et des Maskoutains sont acheminées aussi vers le CVMO.
 
Des broyeurs-séparateurs retirent les emballages et impuretés des matières traitées et une purée en résulte. Puis la biométhanisation opère. Le méthane, soit le gaz naturel, devient le résultat de cette décomposition de matière organique. La ville prévoit ainsi alimenter une cinquantaine de ses véhicules avec son propre gaz naturel et même chauffer ses installations de la station d'épuration de la rue Girouard. Elle prévoit même signer une entente pour vendre ses surplus au réseau de distribution de Gaz Métro.
 
Ce biogaz est aussi efficace que le gaz d'origine sous-terraine sans entraîner les effets négatifs que les forages ou la fracturation hydraulique causent à l'environnement. Ainsi on pourra envisager que les gros producteurs de carburant fossile produisant des millions de tonnes de gaz à effet de serre dommageable à notre climat  pourront voir surgir des petites entreprises qui prennent le pas vers la révolution industrielle du nouveau siècle, un peu plus sensible aux demandes répétées des citoyens  pour une écologie plus verte.
 
Il est prévu aussi que cette technique permettra   de générer 100 000 tonnes de digestat qui, après maturation de 30 jours au CVMO, fournira près de 30 000 tonnes d'un terreau commercialisable. Des développements se poursuivent.
 
Jeremy Rifkin  a déjà prédit que la troisième révolution industrielle sera construite à partir des énerges vertes produites à petites échelles. Saint-Hyacinthe nous fournit un exemple à suivre. Un nouveau départ dont on souligne la pertinence.
 
(Source: Le Courrier de Saint-Hyacinthe, lettre de Gérard Montpetit et article de Benoit Lapierre, éditions du 27 novembre et 4 décembre 2014)

La semaine verte: changements

Auparavant correspondante en Asie, l'animatrice actuelle Catherine Mercier  à l'émission La semaine verte à la télévision publique partira en janvier prochain pour un congé de maternité. La terre de chez nous, dans l'édition du 17 décembre, nous annonce que la journaliste France Beaudoin relèvera le défi de poursuivre l'animation de  cette émission reliée au secteur agro-alimentaire jusqu'en septembre 2015.
 
Cette émission est suivie par environ 600 000 téléspectateurs, selon le coordonnateur Stéphane Gravel que le journaliste Yvon Laprade a interrogé.
 
Nous connaissons tous le fait que d'importantes réductions de journalistes s'abattent sur les émissions présentement. L'article nous apprend aussi que l'émission quotidienne Bien dans son assiette à la radio publique vient de perdre trois journalistes d'excellente qualité suite aux compressions du gouvernement Harper. Les effectifs sont réduits et pourtant l'animatrice Sophie-Andrée Blondin continue de fournir une émission très écoutée et de grande qualité avec si peu que les trois journalistes actuels qui restent au poste.
 
On continue à renseigner les auditeurs sur le monde agro-alimentaire, les nouveautés, les débats, les enjeux importants de ce secteur d'activité. On continue à nous parler des gens qui s'intéressent à ce secteur, y travaillent  et s'appliquent surtout à fournir les aliments pour combler les attentes des gens d'ici en produits d'ici. Les fromages, les viandes, les fruits et légumes, les nouveaux produits du terroir à faire connaître, on s'intéresse à de nombreux sujets qu'on gagne à savoir mieux reconnaître dans notre économie actuelle.
 
 

jeudi 18 décembre 2014

Couillard et Arcand: gaz de schiste vu différemment

Alors que le premier ministre disait mardi soir à Radio-Canada dans une entrevue avec Céline Galipeau qu' "il n'y a pas grand intérêt à développer cette ressource, uniquement sur le plan économique et financier. De toute façon, l'acceptabilité sociale n'est pas là". Il était d'accord avec les risques importants soulignés dans le rapport du BAPE et l'absence de consensus social autour de l'exploitation du gaz de schiste au Québec.
 
Les risques pour l'environnement  en particulier sur la qualité des eaux de surface et des eaux souterraines, sur les aires protégées et les milieux humides, la fragmentation des milieux forestiers"  sont relevés dans le rapport publié lundi dernier.
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Aussi  le BAPE explique que l'exploitation ne serait pas rentable pour l'industrie pour les 25 prochaines années. Mais le ministre des Ressources naturelles a ajouté hier que cet avis du premier ministre n'était que pour l'instant et "on ne sait jamais ce qui peut arriver."
 
Évidemment les gens d'affaires ont répondu rapidement au rapport du BAPE et ont rédigé un communiqué pour que Québec ne ferme pas le dossier complètement malgré le rapport défavorable du BAPE. Un représentant de l'industrie québécoise estime que l'industrie gazière a investi plus de 250 millions dans l'exploration jusqu'à maintenant.
 
L'économie ne serait pas la force du BAPE et les cosignataires du communiqué demande de faire évaluer en profondeur le potentiel économique par d'autres spécialistes. On se souvient que plus de 125  mémoires ont été déposés et analysés par le BAPE.
 
Le rapport souligne aussi que seulement deux des six entreprises qui ont été actives dans l'exploration gazière de 2006 à 2010 avaient un siège social au Québec. Les autres gazières intéressées ont leur siège social à Calgary ou à l'extérieur du Canada. Les profits qui demeureraient au Québec seraient faibles car il est estimé que 25 % des entreprises travaillant dans cette filière seraient de propriété québécoise.  
 
Mais les lobbyistes travaillent avec beaucoup d'énergie, il faut en demeurer conscients.
 
(Source: Le Devoir)

Le maire Serge Péloquin erre

Le maire de Sorel-Tracy et administrateur de la société qui organise la construction du parc éolien Pierre-de-Saurel, monsieur Serge Péloquin, commentait, dans l'édition Les 2 Rives  du 16 décembre, que le BAPE n'avait pas à analyser la portée financière du projet éolien. Pourtant, il n'a qu'à relire le mandat que le BAPE avait reçu et la mission qui est décrite au début du rapport pour se rendre compte qu'il fait erreur.
 
Le BAPE "a pour mission d'éclairer la prise de décision gouvernemetale dans une perspective de développement durable, lequel englobe les aspects écologique, social et économique". Ainsi les pages 35 à 42 du rapport du BAPE exposent les informations sur la rentabilité économique du projet. Ces pages ne sont pas inutiles pour comprendre la globalité des risques de ce projet éolien. Il ne faut pas confondre l'aspect écologique avec l'aspect environnemental. Ce dernier englobe plus que l'analyse écologique de la faune, flore, etc., il inclut aussi l'aspect social et économique. Rappelons-le pour les lecteurs du journal qui n'a pas relevé cet aspect dans son article. L'aspect social, de son côté, est celui qui discute de l'acceptabilité sociale et du référendum souhaitable qui aurait été pertinent avant de s'engager dans un tel projet communautaire.  Le rapport en discute aussi longuement.
 
Serait-on étonné si nos taxes augmentaient à cause de ce projet éolien controversé ? Le rapport nous rappelle que cette possibilité existe. Les municipalités pourraient recevoir une facture au lieu de recevoir des revenus. À la page 38 du rapport, on peut lire: "Cependant, lors de l'audience publique, le promoteur a indiqué qu'' "il y aurait une facturation qui pourrait être faite aux municipalités si jamais il n'y avait pas d'argent une année donnée et que le fonds de prévoyance était à zéro" (M. Denis Boisvert, DT2, p.95). Quelle surprise ! Nous sommes pourtant déjà bien avertis par le promoteur lui-même, si on lit attentivement.
 
Le projet vient d'être réévalué et son coût vient de monter de 1,9 million de dollars pour atteindre 68,9 M $. Alors, par conséquence, sa rentabilité vient de baisser d'autant car le vent ne souffle pas davantage quand les coûts augmentent... le vent se fout bien des dépenses encourues...
 
Le contribuable doit maintenir sa vigilance et recevoir les informations les plus transparentes possibles. Chaque contribuable pourrait  en subir des impacts sur les impôts fonciers futurs qu'on lui réclamera.
 
 

mardi 16 décembre 2014

TVA Rivière-du-Loup: un journaliste blâmé

Le reporter Stéphane Tremblay a été blâmé par le Conseil de presse du Québec (CPQ). Une plainte a été déposée par les parents d'un enfant suicidé en novembre 2013. Le reporter et son caméraman "avaient insisté pour obtenir une entrevue avec eux alors qu'ils étaient en état de choc, moins d'une heure après le suicide de leur fils". Ils auraient "forcé le domicile ...pour arracher des confidences à la caméra".
 
La plainte a été retenue pour "manque de respect et le journaliste blâmé pour abus de pouvoir". La compassion et  la sensibilité à la souffrance lors d'un drame humain formait l'essentiel de la plainte.
 
D'autres plaintes ont toutefois été rejetées. Ainsi la plainte contre Benoit Dutrisac qui avait dit, dans une émission du 2 mai dernier, des 400 personnes mortes dans un tremblement de terre en Afghanistan: "Souhaitons que ce ne soit que des talibans".  Le jury reconnaît que ces propos sont fondés sur "un motif discriminatoire" sans y voir un encouragement à la haine". Comme le Canada a été en guerre dans ce pays, le jury ajoute qu'il serait étonnant que ces paroles changent l'opinion des Québécois à l'endroit des talibans.
 
Le CPQ rend publiques ces décisions. On peut les lire sur le site conseildepresse.qc.ca. Aussi  les journalistes sont tenus de respecter leur obligation d'équilibrer les points de vue dans le débat social, sinon ils sont susceptibles d'être jugés lorsqu'il y a plainte auprès du CPQ.
 
(Source: Le Devoir, du 16 décembre)
 
 
 

Vulgariser la science ou promouvoir l'entrepreneuriat

Alors que les décideurs gouvernementaux ont changé d'idée dimanche et annulé leur annonce de la semaine précédente de couper les vivres au fonctionnement des organismes de culture scientifique, plusieurs jeunes pourront ainsi continuer d'être stimulés par la science dès leur jeune âge. Au lieu de suivre leur première idée de prendre ce million de dollars d'aide à la vulgarisation de la science  afin de "mieux l'utiliser et se tourner vers le développement de la culture d'innovation en entreprise" et "favoriser l'embauche de jeunes diplômés", ils ont finalement décidé de "préserver la mission de ces organisations qui travaillent dans le domaine de la culture scientifique et qui apportent une contribution importante au développement économique".
 
La formation d'un citoyen informé et participant à la société nécessite pourtant un minimum de culture scientifique. Mais il est reconnu qu'il est plus facile de gouverner les personnes incultes et soumises.  Les dictatures et les pays totalitaires savent bien cela.
 
Être rigoureux dans nos décisions et dans nos réflexions exige de comprendre qu'il faut des faits pour avancer des conclusions. Sans cela, les perceptions et les opinions prennent une place immodérée. La vulgarisation et les communicateurs scientifiques  permettent de sortir des superstitions et croyances en des mythes ou autres rumeurs urbaines. Parce qu'on a vu telle chose à la télévision ou sur internet ne suffit pas pour prétendre quelque chose. Une indépendance de pensée bien formée  est nécessaire pour décider et être libre d'influences parfois tordues.
 
Les faits, on les connaît mieux si on prend le temps de s'informer et si on porte un intérêt envers la rigueur intellectuelle . Sinon on peut dire n'importe quoi et nos pensées seront non fondées et difficles à défendre. On pourrait penser: puisque que telle action servira mon intérêt, je prétends que cette même action servira la communauté entière, sans tenter de savoir la valeur que les autres octroie à cette  même action.
 
La rigueur scientifique devrait être plus répandue afin d'éviter que l'intérêt privé se confonde avec l'intérêt collectif. L'intérêt personnel ou l'intérêt communautaire, lequel serait favorisé ? Cette pensée devrait  précéder toute décision qui a un impact sur la collectivité.
 
Augmenter le désir de vouloir mieux connaître les faits au lieu des impressions non fondées demeure une conséquence  d'une culture scientifique développée. Les parents peuvent participer à ce développement  chez leur jeune, tout comme les enseignants. De nombreux outils sont disponibles. Il s'agit d'en avoir le désir et la volonté. Une société mieux informée des faits réels pourra collaborer avantageusement à son développement selon ses valeurs propres par une analyse plus rigoureuse des divers angles et nuances disponibles.

(Source: Le Devoir , lundi 15 décembre)