lundi 6 décembre 2021

Saint-Robert n'adhère pas à la déclaration d'engagement: UNIS POUR LE CLIMAT

L'Union des municipalités du Québec (UMQ) suggère aux municipalités de s'engager. Le conseil municipal de Saint-Robert ne souhaite pas s'engager et semble ainsi ne pas reconnaître le rôle de premier plan des municipalités dans la lutte aux changements climatiques et délèguera cette responsabilité à la MRC, selon leur volonté exprimée lors de l'assemblée régulière du 6 décembre 2021. Mais pourtant la MRC n'est-elle pas une organisation qui rassemble les douze municipalités qui la constituent ?

Pourtant, selon l'UMQ, cette déclaration doit guider les municipalités dans la prise de décision, et cela, pour qu'elles puissent agir concrètement en matière de lutte et d'adaptation aux changements climatiques.

"Adhérer à la déclaration d’engagement, c’est passer à l’action et s’unir pour le climat. C’est aussi s’engager avec conviction pour faire face aux défis climatiques et ainsi améliorer la santé et le bien-être de nos citoyennes et citoyens".

Les objectifs:

La déclaration d'engagement "Unis pour le climat" rappelle le rôle des municipalités dans la lutte aux changements climatiques. Elle invite également les élues et les élus municipaux à faire en sorte que les enjeux climatiques soient les moteurs permanents de leurs décisions.

  • Permettre aux municipalités de prendre un engagement clair envers leur population pour agir et poser des gestes concrets pour la lutte et l’adaptation aux changements climatiques;

  • Mettre de l’avant le devoir des élues et élus municipaux en matière de changements climatiques et présenter la réponse aux changements climatiques comme une responsabilité partagée entre les gouvernements du Canada et du Québec, la société civile et les citoyennes et citoyens;

  • Lancer un appel à l’exemplarité des municipalités vis-à-vis de leurs citoyennes et citoyens en matière climatique;

  • Présenter la lutte contre les changements climatiques comme une façon de créer des opportunités d’actions collectives.
Les conseilliers Michel Boisvert et Stéphane Cournoyer trouvent que c'était trop compliqué, que les élus de Saint-Robert n'ont ni les compétences ni les outils. Ils ont proposé que ce rôle soit délégué à la MRC et que "la MRC les tiennent au courant des actions qu'elle fera".

Je trouve personnellement, en tant que trésorière bénévole depuis 2013 au sein d'un regroupement militant pour la protection de l'environnement, le RVHQ, que notre conseil municipal est peu sensibilisé à l'urgence climatique. Les autres agiront, les autres feront partie de la solution, semblent-ils penser. Je suis désolée du manque d'engagement de nos élus robertois pour protéger la nature et ceux des générations à venir. Peut-être n'ont-ils pas d'enfants ou de petits-enfants pour qui l'adhésion à promouvoir des solutions vertes ferait une différence dans leur vie future ?


dimanche 5 décembre 2021

Journée mondiale des sols

On creuse dans le sud du Québec à la recherche du graphite. À Saint-Michel-des Saints, Nouveau Monde graphite pourrait devenir la plus grande exploitation de graphite en Occident. La minière a reçu le feu vert de Québec. En début 2022, elle pourra compter sur l'appui de la municipalité. Pourtant des citoyens demeurent déterminés à l'arrêter. Pas de minières dans les zones de villégiature du sud de la province.

Éric Desaulniers, p.-d.g. de Nouveau Monde graphite et géologue de formation, énonce que son projet de mine à ciel ouvert de Matawinie, à deux heures de Montréal, à côté du lac aux Pierres, au sud du parc régional du Lac-Taureau, dans Lanaudière est le projet le plus avancé en Amérique du Nord.

Pendant 26 ans, la mine extraira 100 000 tonnes de graphite, par année, de son gisement, dont la teneur s'élève à près de 4,35 % de graphite.

La moitié des composantes de la batterie lithium-ion, soit environ 95 % de l'anode, est le graphite. La Chine occupe actuellement plus de 85 % de la production de tous les anodes (graphite natuel et synthétique) et 100 % des anodes constituées de graphite naturel, selon les données de Benchmark Minerals, nous explique Clémence Pavic dans Le Devoir de ce week-end. Le graphite est nécessaire si on veut prendre le virage électrique des transports.

Devant commencer en 2024, la minière arrimera le développement de la mine à celui de l'usine de transformation de Bécancour, dont les activités commerciales débuteront en 2025. À Bécancour, on transformera le graphite en matériel d'anode, pour une valeur ajoutée. Près de 60 % de la production de la mine sera transformée à Bécancour pour l'industrie des batteries électriques.

Aucune entente n'est signée entre la communauté autochtone atikamekw et l'entreprise. En mars 2021, le Conseil des Atikamekw de Manawan voulait obtenir des redevances de 250 millions de dollars de la part de l'entreprise. Le p.-d.g. Desaulniers explique "on va donner environ 30 millions au gouvernement du Québec en redevances minières. Les Atikamekw veulent leur juste part du gâteau. Ça dépasse vraiment ce qu'on peut faire...c'est réellement une discussion à trois".

Les villégiateurs s'inquiètent des répercussions du projet minier sur l'environnement et sur l'écosystème touristique. "On n'a toujours eu qu'un seul son de cloche; celui du promoteur et du conseil municipal qui appuie le projet minier", déplore May Dagher, porte-parole de la Coalition des opposants à un projet minier en Haute-Matawiniw (COPH).

Un rapport du BAPE, déposé en juin 2020, soulignait que l'échantillon du sondage Léger comportait 5 % de villégiateurs, alors qu'ils forment environ 50 % de la population résidant sur le territoire de la municipalité de Saint-Miche-des-Saints.

Hugo Lapointe, fondateur de Québec meilleure mine, explique que " si on veut prétendre à faire du transport vert, il faut que la chaîne soit verte du début à la fin". "Actuellement, c'est free for all". Des municipalités se mobilisent pour que le gouvernement révise la Loi sur les mines. Revoir les critères des territoires incompatibles à l'activité minière au Québec, car "on n'est pas capables de protéger nos lacs, nos rivières et nos milieux de villégiature" ajoute Ugo Lapointe.

D'autres projets ont plus de sens, selon m. Lapointe. "Mason Graphite et Focus Graphite, présentent certains avantages. Leur teneur en graphite est plus élevée. Ils sont sur la Côte-Nord, il y a une très bonne acceptabilité sociale et ils ne sont pas dans les zones de villégiature".

Lapointe insiste que "le défi, c'est d'y accéder et de gérer les coûts sociaux-environnementaux", car la demande explose et les réserves mondiales sont importantes.


samedi 4 décembre 2021

Les prévisions budgétaires 2022 présentées ce lundi à 19h15

Alors que cette séance publique est peu annoncée, j'invite les citoyens à assister, avant l'assemblée mensuelle régulière de 19h30, à l'adoption du budget 2022 présenté le 6 décembre. 

Le maire de Saint-Robert n'apprécie pas la recommandation de l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques (IGOPP)

Lors de l'assemblée régulière du conseil municipal du 15 novembre dernier, le maire de Saint-Robert a indiqué ne pas être d'accord avec une importante recommandation de l'étude de l'IGOPP que la MRC Pierre-de Saurel avait commandée  et dont les élus sont en train d'en analyser le contenu depuis plusieurs mois. Cette recommandation de l'IGOPP énoncerait, selon le maire,  que les élus ne doivent pas siéger sur les conseils d'administration des comités, ni du tourisme ni du développement économique.

Alors que qu'il y aurait 5 représentants pour le Tourisme à Sorel, "il n'est pas normal qu'il n'y ait pas d'élus là-dessus" nous a-t-il énoncé à cette séance du 15 novembre. Il n'a pas donné d'arguments étayant son opinion. Pour lui, l'étude des recommandations n'est pas terminée, il semblait prêt à défendre son point de vue auprès des autres élus de la MRC.

Le premier principe de la "Gouvernance stratégique" est le principe d'imputabilité. La nécessité de rendre des comptes à une autorité différente d'elle-même. Ce principe est fondamental pour mettre en place un système de gouvernance qui permet la promotion efficace de sa mission.

Ainsi le maire d'une municipalité, membre de la gouvernance de la MRC, organisation régionale, se rendrait des comptes à lui-même car il serait à la fois à la gouvernance du comité de tourisme ou du développement économique formé par la MRC, par exemple, tout en rendant des comptes à son autre instance, la MRC,  selon le principe d'imputabilité.  Incohérence, monsieur le maire, en voici une de plus!

"Une personne responsable sait envers qui elle est imputable et à qui rendre des comptes. La chaîne hiérarchique est donc mise en oeuvre et conduit au Conseil d'administration, l'ultime responsable de l'organisation".1

1 La Gouvernance et le Conseil d'administration, de Roméo Malenfant, Ph.D., 2009, 5e édtion révisée et corrigée, Éditions D.P.R.M.


vendredi 3 décembre 2021

L'autorisation d'introduire de l'hydrogène dans le gaz naturel d'Énergir

Énergir, le distributeur de gaz naturel, anciennement nommé Gaz Métro,  a obtenu l'autorisation de la Régie de l'énergie du Québec d'injecter de l'hydrogène dans une partie de son réseau pour évaluer les effets du transport de la ressource sur ses infrastructures. Énergir détient 11 000 kilomètres de gazoducs dans son réseau. Énergir veut mesurer les effets potentiels de la combinaison des deux gaz, l'hydrogène vert produit à partir d'énergies renouvelables et le gaz naturel, sur les composantes de ses réseaux de distribution. 

Les tests seront réalisés sur un site situé près de la Cité du Multimédia, à Montréal, et le Quartier de l'énergie, à Boucherville. Les deux "postes d'injection mobiles" ont été conçus et fabriqués pour la somme de 5,9 millions de dollars et devraient être opérés dès mai 2022, pendant un an.

Cette technologie permettrait de stocker les surplus d'électricité, explique Olivier Pineau, directeur Ingénierie et gestion des actifs chez Énergir. Les réseaux de transport sont des "autoroutes gazières", leur pression est plus forte, le volume de gaz est plus grand et sont construits en acier, note Pineau.

Deux importants centres mondiaux de production d'hydrogène se trouvent au Québec. L'usine Air Liquide de Bécancour produit près de 8,5 tonnes d'hydrogène vert chaque jour. Hydro Québec construira une usine d'électolyse à Varennes avec une capacité prévue de 88 mégawatts.

(Source: l'article de Ulysse Bergeron du Devoir d'aujourd'hui)

Voici un ajout intéressant: une portion prélevée d'un texte d'analyse de Bruno Detuncq, professeur émérite de Polytechnique Montréal, désormais bénévole engagé au Regroupement Vigilance hydrocarbures (RVHQ), membre de son comité de coordination, organisation où je suis aussi bénévole à la trésorerie depuis 2013.


Analyse des résultats : aspect sécurité des utilisateurs 

Ce n'est pas la sécurité du réseau qui est le plus important, c'est la sécurité des citoyens ! C'est plus large que la sécurité du réseau, car ça inclut le fonctionnement hors réseau, c'est-à-dire à la maison ou en entreprise. Les tests qu’Énergir compte effectuer ne porteront que sur le réseau, ce n’est pourtant pas le maillon faible du système. 

L’hydrogène est un gaz hautement explosif, l’énergie requise pour l’enflammer étant environ 10 fois plus faible que pour le méthane. De plus, la plage d’inflammabilité du méthane se situe entre 5 % et 15 %, celle de l’hydrogène se situe entre 5 % et 75 % (en proportions volumiques). Cette caractéristique rend l’utilisation de l’hydrogène plus risquée. Énergir compte faire des tests sur des conduites avec des concentrations d’hydrogène allant jusqu’à la valeur de 50 % : C'est énorme ! On est dans des conditions non sécuritaires.

Énergir considère que la haute concentration de H2 commence à 20%. À mon point de vue la haute concentration de H2 commence à 5 % compte tenu du danger et des modifications nécessaires pour adapter les systèmes. Enbridge compte tester l’utilisation du H2 à des concentrations plus faibles que 2 %. Ce qui est beaucoup plus bas et prudent. Énergir devrait suivre l'exemple.

Aucune mention par Énergir d’évaluation de la sécurité en cas de fuite ou arrêt de flamme pilote et réallumage par la suite pour les appareils domestiques. C’est pourtant essentiel. Que ce soit les cuisinières au gaz, ou les chauffe-eau et les fournaises au gaz, ce sont des appareils conçus pour un type de combustible. Ils ne peuvent pas être alimentés par un mélange contenant de l’hydrogène. Aucune analyse de fuite de H2 ne semble être planifiée dans les tests qu’Énergir compte effectuer. C’est portant essentiel et cela a toutes les étapes de l’installation. À part l'analyse des NOx, aucun autre polluant ne sera mesuré, comme les HAP ou le COV. Ce n’est pas acceptable, surtout dans le cas d’usages domestiques où la santé des enfants peut être en jeu.

Pour toutes les installations où l’hydrogène sera présent, il sera nécessaire d’ajouter des appareils essentiels pour prévenir les fuites, les détecter si elles se produisent et d’action de coupure de 6 l’alimentation. Ces appareils sont essentiels pour la sécurité des utilisateurs, mais entraînent des coûts significatifs. Aucun test sur les brûleurs de grande capacité n’est prévu. La présence de H2 peut induire des changements importants dans la forme et la dynamique des flammes ainsi que sur le transfert de chaleur entre la flamme et la charge à chauffer. Les gestionnaires de grandes bouilloires devront faire des modifications importantes aux installations si la concentration de H2 est élevée. Autre problème pour les clients industriels. L’hydrogène a une vitesse de flamme laminaire aux conditions stœchiométriques de l’ordre de 300 cm/s, bien supérieure à celle du méthane, qui est d’environ 35 cm/s. Le transfert de chaleur entre la flamme et l’enceinte sera modifié par cette différence, ce qui impose des modifications aux brûleurs pour être en mesure de s’adapter au changement de mélange combustible. 

Des coûts importants pour les utilisateurs peuvent en découler. La combustion de l’hydrogène fera augmenter la proportion de la vapeur d’eau dans les gaz brûlés, et ce, en proportion de la concentration d’hydrogène. Cette vapeur d’eau en présence de CO2 peut générer de l’acide carbonique qui à la longue peut endommager les composantes de chauffe et la cheminée.

Analyse des résultats : aspects financiers 

Du côté financier, la vente d’électricité à Énergie pour produire de l’hydrogène par électrolyse, ne représente pas une bonne affaire. Si ce courant était vendu au tarif résidentiel ‘D’ pour, exemple, l’alimentation de véhicules particuliers, Hydro-Québec aurait un revenu de 411 M$ de plus par année. En combinant les pertes financières et les pertes énergétiques, on arrive à un portrait très peu reluisant de l’idée de remplacer du gaz naturel par de l’hydrogène dans les conduites d’Énergir

Ici on ne parle même pas des dangers inhérents à la présence de ce gaz très inflammable et explosif, et qui peut provoquer des détériorations de certaines composantes des systèmes, donc des coûts de réparations et de modifications. Autre point important. La quantité de CO2 évité par l’ajout d’hydrogène n’est pas très important, pour une fraction de 10 %, il y a 1.71 M tonne CO2 d’évité par année sur un bilan provincial total en 2019 de 84 M tonne. C’est trop faible pour justifier un tel projet. 

Si l’on met en rapport les émissions évitées de CO2 avec le montant de perte de revenus d’Hydro-Québec, on obtient une valeur de 240 $ la tonne de CO2 évitée. Tout cela pour ça. Autre élément à considérer, le cycle de vie de toute l’installation nécessaire pour produire, comprimer, stocker et distribuer l’hydrogène. Cette analyse est à faire, car les électrolyseurs sont des appareils dispendieux, ayant des composantes qui s’usent avec le temps et qui demandent de l’entretien minutieux. Tout cela entraîne des coûts et une utilisation de matériaux de haute qualité impliquant une dépense d’énergie pour les produire et générant des déchets miniers, souvent toxiques.

Une analyse du Taux de Retour Énergétique (EROI) de l’ensemble du procédé doit être faite pour permettre une évaluation réaliste de la pertinence de ce type de projet. 7 Du côté des utilisateurs, domestiques ou industriels, l’ajout d’hydrogène au gaz naturel imposera des frais supplémentaires importants pour modifier les équipements et rendre l’utilisation de ce mélange sécuritaire. Est-ce un investissement logique dans le contexte de la crise climatique où le gaz naturel produit par fracturation sera toujours la composante principale du mélange ?

La production d’hydrogène peut être tout à justifiée pour certains usages. Exemple le stockage d’énergie pour des réseaux autonomes, ou pour du stockage saisonnier sur le réseau principal, ou pour une utilisation comme combustible dans des flottes de navires ou de camions longue distance, ou encore pour remplace le charbon dans des aciéries afin de produire de l’acier sans émissions de CO2.

L’étude présentée plus haut (que je n'ai pas reproduite ici car technique à souhait) ne fait que de démontrer l’absurdité de l’alimentation du réseau de gaz naturel par de l’hydrogène obtenu par électrolyse de l’eau en utilisant l’électricité produite par les barrages d’Hydro-Québec. De plus, contrairement à ce que prétend Énergir dans le document soumis à la Régie de l’énergie, injecter de l’hydrogène dans son réseau n’est pas un mode de stockage d’énergie, le mélange sera brûlé rapidement.

Le stockage le plus efficace est l’eau retenue derrière les barrages et non l’hydrogène provenant d’électrolyse, à moins de le stocker pour l’utiliser dans des piles à combustible ou des turbines à gaz pour la production d’électricité dans les conditions de demande à la pointe en hiver.

Conclusion : On en conclut que l’utilisation directe de l’électricité est une bien meilleure avenue que la transformation en hydrogène dédié à l’alimentation dans des conduites de gaz naturel. Moins il y a d’étapes de transformation, plus élevée sera le rendement total d’un système. L’économie d’énergie et la recherche des filières les plus aptes à diminuer les émissions de GES au Québec doivent guider les choix qui auront des conséquences à long terme. C’est un devoir envers les générations à venir.

Pour finir, introduire de l’hydrogène dans le gaz naturel cela implique de continuer à consommer du gaz naturel provenant de fracturation, c’est une très mauvaise idée qui nuira à la décarbonation de la province et nous enchaînera pour longtemps dans un chemin contraire à toutes les analyses portant sur le climat.

Revoir les conclusions du GIEC et de l’Agence Internationale de l’Énergie.

Références:

1    https://dondon.vvv.enseirbatmeca.fr/devdurable/TPpilecombustible/TPpileacombustible.htm 

2 https://energie.hec.ca/wp-content/uploads/2021/01/EEQ2021_web.pdf

3 https://www.energir.com/fr/grandes-entreprises/gaz-naturel-quebec/proprietes-du-gaz-naturel/

4 https://www.hydroquebec.com/data/documents-donnees/pdf/rapport-annuel-2020-hydroquebec.pdf 

5 https://www.hydroquebec.com/data/documents-donnees/pdf/tarifs-electricite.pdf#page=9


jeudi 2 décembre 2021

Un accès injuste à Internet

Le gouvernement du Québec est fier d'injecter 94 millions supplémentaires pour le volet Éclair III du programme de brancher tous les foyens à Internet haute vitesse. Le réseau deviendra offert partout sans être accessible pour tous. Car, les subventions paient les lacunes techniques de la connexion, mais n'auront aucun impact sur les freins financiers.

En 5 ans, les contribuables auront payé 9 milliards de dollars pour construire l'infrastructure d'un réseau qui ne leur appartient pas. Les contribuables devront accepter des coûts de branchement "excessivement élevés". Le gouvernement laisse l'entière propriété des infrastructures de branchement Internet aux compagnies de télécommunications, qui demandent ensuite de payer pour accéder au réseau tout en ramasssant des profits très importants.

Les entreprises de télécommunications bénéficient de subventions pour augmenter le réseau filiaire dans les régions sans aucune contrainte quant aux prix qu'elles peuvent ensuite facturer aux abonnés. Alors que l'accès à Internet devient un vecteur d'égalité sociale et économique et un prérequis à la participation démocratique, le Canada est le pays où l'accès à Internet est le plus cher au monde, juste après les États-Unis. 

Les sommes dépensées par l'État pour contruire le réseau devraient autoriser une réclamation pour la propriété des infrastructures de connexion qui lui revient.  Le gouvernement ne devrait-il pas non seulement rendre Internet physiquement disponible, mais aussi financièrement accessible.

(Source: article de Myriam Lavoie-Moore, chercheuse à l'IRIS et chercheuse post-doctorale à l'Australian National University, publié dans Le Devoir d'aujourd'hui)

mercredi 1 décembre 2021

Dehors, Serge, Dehors au cinéma régional

Hier, nous sommes allés, mon mari et moi, visonner le récent film de Martin Fournier et Pier-Luc Latulippe lors d'une diffusion unique à 19h15. Le public pouvait échanger, après la projection, en présence des réalisateurs disponibles pour répondre à nos questions. Un documentaire de 67 minutres qui nous permet d'aller vers la lumière, suite à la longue période de six ans du comédien Serge Thériault dans l'ombre de son confinement.

Malade, soit, mais avec un accent sur les répercussions que la maladie psychologique de l'acteur apportent à la vie de son entourage. Une chronique sociale. La femme de Serge, Anna, leur fille Melina, les voisins qui logent en bas, Jolande et Robert, le véritable sujet du film, soit les proches aidants, des personnes qui aiment l'artiste et qui veulent l'aider.

Martin Fournier est un ancien participant à la Course destination monde, édition 1998-1999 et travaille dans le milieu de la construction. Quand je lui ai demandé s'il avait travaillé déjà en travail social, il m'a répondu qu'il avait étudié en psychologie.  Pier-Luc Latulippe est réalisateur à Radio-Canada. Ensemble, ils ont eu un beau succès avec Manoir (2016) qui a gagné un Iris lors du gala Québec Cinéma en 2017. Déjà ils s'intéressaient à la santé mentale en documentan la vie d'anciens patient d'un hôpital psychiatrique.

Ils ont passé beaucoup de temps à mieux connaître leurs sujets hors caméra. Puis ils ont tourné plus d'un an. Anna attendait un miracle qui sauverait Serge. Peut-être que de documenter cette attente pourrait faire apparaître une solution? Eh bien oui, un petit miracle se produira montrant une voie d'espoir pour les proches aidants attentifs aux maigres progrès de la santé de l'artiste.

Un long silence de six ans, sans beaucoup de ressources ni d'aide pertinente du système de santé, un tabou encore présent dans notre société préférant la performance et l'activisme, nous démontre que la souffrance de la conjointe, de la fille et des voisins d'une personne souffrante de problèmes psychologiques est immense. Il valait le coup de créer un tel documentaire pour sensibiliser la population de cette profonde souffrance de l'entourage proche aidant peu montrée ni à l'écran ni dans les médias généralistes.

Bravo aux réalisateurs et sincères remerciements pour leur généreuse présence auprès du public sorelois.