dimanche 8 mars 2020

Pourquoi le féminisme est impuissant à contrer la violence faite aux femmes?

Les femmes peuvent voter, contrôler leur maternité, sortir de leur maison, travailler, être considérées comme les égales des hommes. Pourquoi les trois quarts des femmes assassinées au Québec le sont par leur conjoint ou un homme de leur entourage ? Selon une étude britannique, l'agression sexuelle des femmes est en hausse.

Il y a quelque chose qui se détraque à l'intérieur des rapports intimes hommes-femmes. Comme le répètent les responsables des maisons d'hébergement, la violence des hommes est souvent une question de contrôle. Une explication: trop d'hommes ont de la difficulté à comprendre ce qu'ils vivent émotivement. Ils frappent par ignorance d'eux-mêmes autant que par prise de contrôle sur l'autre.

La femme qui menace de quitter l'homme n'est pas qu'un affront à l'ego de l'autre. Elle représente la vie émotive qui s'en va, la vie amputée, une perte de repère considérable, écrit Francine Pelletier dans Le Devoir cette fin de semaine.

Les hommes n'ont jamais cessé de voir les femmes comme leur propriété privée, une sorte d'extension d'eux-mêmes, comme si les vieilles règles patriarcales s'appliquaient encore, la femme sont censées être disponibles physiquement et émotivement en échange de la protection masculine. C'est le plus vieux contrat social du monde. Les rapports intimes ne se légifèrent pas comme les conditions de vie extérieures: santé, maternité, travail.

"On ne pouvait pas savoir que c'est au nom de l'amour que la guerre contre les femmes aurait lieu". Merci pour votre réflexion, madame Pelletier.

(Source: article de Francine Pelletier)

samedi 7 mars 2020

Journée internationale des femmes

Ce 8 mars, il nous faut rêver plus grand que soi. La quête perpétuelle de rêver à l'impossible rêve est la philosophie de vie d'Antonine Maillet. "Tu as un rôle à jouer, va dans la démesure et jusqu'au bout de tes envies. Tu as en toi la vie, fais-en quelque chose. Petite, rêve plus grand que toi", voilà le message de l'autrice de La Sagouine pour toutes les "Boucle d'or" des temps modernes.

Antonine Maillet est l'une des figures emblématiques de cette bataille perpétuelle pour faire exister le français. C'est son combat de vie à elle. "C'est presque viscéral", dira-t-elle à Agathe Beaudouin dans un texte publié dans Le Devoir  de ce jour.

Dans un autre angle, le rapport annuel de l'Observatoire canadien du féminicide pour la justice et la responsabilisation intitulé Comprendre les meurtres des femmes et des filles basés sur le genre au Canada en 2019, on lit qu'en moyenne une femme ou une fille est tuée tous les trois jours au Canada, crimes perpétrés à 87 % par des hommes. Ces personnes sont ciblées avant tout parce qu'elles sont des femmes.

Le lien entre violence conjugale et féminicide: 57 % des victimes sont tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. Ces crimes sont commis dans la sphère intime, là où chacune devrait se sentir en sécurité. Les femmes et les filles sont plus en danger chez elles, ainsi 55 % ont été tuées à leur domicile ou à celui qu'elles partageaient avec l'accusé. Un climat de coercition et de contrôle exercé par un conjoint violent peut monter en escalade et se terminer par un féminicide. "Ces violences sont une tentative de réaffirmation de la domination masculine", explique Catherine Flynn, professeure en travail social à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

Le rapport nommé plus haut démontre une surreprésentation des femmes qui vivent hors des centres urbains. "La cause, ce n'est pas tant l'isolement géographique que l'espèce de culture masculine qui est présente dans ces communautés, qui sont tricotées serrées. Les valeurs et les rôles traditionnels y sont valorisés, ce qui entraîne un tabou, un secret autour de la violence qui est vécue par les femmes, affirme Mme Flynn. Le climat social et l'accessibilité limitée à des ressources d'aide et d'hébergement maintiennent les femmes dans des contextes "où on peut rapidement avoir une escalade au niveau de la violence".

Cela ramène à l'avant-plan le fait que l'égalité entre les hommes et les femmes au Québec et au Canada n'est pas atteinte, affirme Mme Flynn.

(Source: texte de Gabrielle Tremblay-Baillargeon, dans le Devoir d'aujourd'hui)

Vous aimez Anne Dorval: vite au cinéma régional

Dans 14 jours, 12 nuits, Anne Dorval est en plein deuil. Le silence est partout, douloureux, méditatif. Des images superbes, des paysages mémorables, Yves Bélanger à la photo, André-Line Beauparlant à la direction artistique, tout sonne juste. Alternativement à" Cacouna, toute d'hiver blanc, et à Hanoï, toute de chauds coloris", Jean-Philippe Duval  à la réalisation et Myriam Poirier au montage, l'histoire d'Isabelle et de Thuy se tisse autour de non-dits et du pouvoir guérisseur du dialogue.

Le réalisateur Duval (Dédé à travers les brumes) accompagne le jeu d'Anne Dorval et de Leanna Chea de manière remarquable. Maintenant dans un cinéma près de chez nous, si vous aimez la délicatesse et la subtilité d'un scénario, il faut aller voir ce film.

J'y suis allée hier, en salle, et plusieurs autres personnes ont pu profité de ce film où l'écoute de notre trésor national, cette actrice si modulée dans le scénario de Marie Vien, vaut le détour.

(Source: François Lévesque dans Le Devoir d'aujourd'hui.)

mercredi 4 mars 2020

Pour évaluer GNL Québec, un représentant des intérêts pétrochimiques préside la commission d'enquête

Denis Bergeron a travaillé pendant 16 ans comme "vérificateur consultant pour l'Association canadienne de l'industrie de la chimie (ACIC), il veillait à l'application des codes de pratiques de la Gestion responsable de l'ACIC auprès de ses membres". Il présidera l'examen du projet Énergie Saquenay, le plus gros projet industriel de l'histoire du Québec, dans le cadre d'un BAPE.

Cette association, ACIC, représente les intérêts des sociétés pétrochimiques au Canada opérant surtout dans la production de gaz naturel, la transformation du gaz, l'utilisation de ses produits dérivés ou encore son transport en vue de l'exportation. Imperial Oil et Shell Chemicals Canada sont des exemples de ses sociétés membres.

L'autre commissaire a travaillé aussi pendant plusieurs années à la Régie de l'énergie notamment dans le secteur du gaz naturel, Laurent Pilotto. Le BAPE est une organisation indépendante pourtant.

Même si le BAPE a pleinement confiance dans "l'impartialité" de la commission et ne veut pas modifier sa composition pour évaluer le projet d'usine gazière, les trois partis d'opposition jugent cependant qu'il faudrait au minimum ajouter un commissaire avec d'autres expertises  pour maintenir la confiance de la population et mieux répondre à ses préoccupations, sans prêter flanc à la critique.

Le député provincial du Saquenay Sylvain Gaudreault estime que "le mandat est vicié depuis le début".  Le gouvernement Legault n'accepte pas d'évaluer le projet d'usine et celui du gazoduc qui lui fournira le gaz dans un même examen environnemental. Dominic Champagne, le porte-parole du Pacte pour la transition et metteur en scène, affirme que la composition actuelle de la commission "nous donne l'impression que les dés peuvent être pipés".

Le projet de gazoduc n'existe pas sans usine. Les mêmes intérêts financiers soutiennent tant le gazoduc que l'usine de liquéfaction. Denis Bergeron et Laurent Pilotto ont "déclaré l'absence de conflit" et déclaré "l'engagement éthique et déontologique" et ont signé et mis en ligne leur déclaration hier.

Les principaux groupes écologistes demandent aux commissaires de tenir compte de toutes les émissions de gaz à effet de serre liées au projet. Environ huit millions de tonnes d'émission de GES annuellement seront produites car le gaz sera exploité surtout par la fracturation en Alberta. Cela équivaut à une augmentation de 3,2 millions de véhicules sur les routes, chaque année.

(Source: les articles d'Alexandre Shields, dans les éditions du Devoir du 3 et du 4 mars )

mardi 3 mars 2020

Les environnementalistes mexicains subissent la violence

"Le niveau de violence envers les environnementalistes atteint maintenant celui exercé contre les journalistes et les défenseurs des droits de la personne", déplorait le ministre de l'environnement, Victor Manuel Toledo, du nouveau gouvernement d'Andrés Manuel Lopez Obrador (élu en novembre 2018) en conférence de presse.

"La violence dans certaines régions est une réelle préoccupation pour mener des recherches en environnement sur le terrain", affirme le directeur de l'Institut de recherche sur les écosystèmes et le développement durable (HES) de l'Université autonome de Mexico (UNAM).

Tout comme les fragiles papillons qui parcourent 5000 kilomètres depuis le Canada pour se rendre au sommet des montagnes du Michoacan pour trouver un refuge durant l'hiver, la vie des chercheurs et des militants mexicains qui montent le ton pour protéger des aires menacées est parsemée d'embûches, écrit Isabelle Paré, dans Le Devoir.

Deux travailleurs d'une réserve protégée par l'UNESCO en 2000 pour protéger l'aire d'hibernation des monarques ont été retrouvés sans vie au début du mois. "Il est très difficile d'être militant au Mexique en ce moment", expliquait Diego Pérez Salicrup, directeur de l'HES de l'UNAM. Il a été forcé d'annuler les travaux sur le terrain d'une de ses étudiantes au doctorat. C'était trop risqué car son sujet de thèse impliquait de sillonner les zones arides d'un État du Mexique devenu trop dangereux pour s'y trouver comme chercheuse.

Dans la réserve d'une superficie de plus de 56 000 hectares, les zones "tampons" comptant pour 75 % du territoire protégé sont toujours à risque de coupes illégales et de déforestation, selon Mauricio Quijada, professeur de l'UNAM.

Pour la survie des papillons, le changement d'usage des sols est un enjeu majeur ainsi que pour la sécurité des gens; mais on gagne plus d'argent à planter des avocats qu'à protéger les forêts, souligne le professeur Quijada.

(Source: l'édition d'aujourd'hui.)

jeudi 27 février 2020

Y a-t-il de l'eau dans le gaz ?

Aujourd'hui, le chroniqueur Michel David, dans Le Devoir, nous informe des changements de vision de notre premier ministre François Legault avec le temps qui passe. Le projet GNL Québec méritait de remplacer le charbon européen et asiatique par le gaz naturel canadien pour sauver la planète.

Les opposants à ce projet lui semblaient des dogmatistes même si les scientifiques doutaient que ce projet permette de réduire les émissions de GES car on oubliait que la fracturation du gaz provenant de l'Alberta, acheminé jusqu'au Saguenay et liquéfié au Saguenay émettait aussi des émissions liées à l'exploitation albertaine.

Mardi, le 25 février, François Legault devenait moins affirmatif et moins convaincu. Il trouve maintenant que le financement de ce projet GNL Québec est loin d'être assuré. Les investisseurs commencent à douter de la rentabilité de ces investissements dans les énergies fossiles.

Et son acceptabilité sociale, un obstacle pour la construction du pipeline de 750 km souhaité par le premier ministre albertain, Jason Kenney ?

Le gazoduc de GNL Québec traverserait le territoire des Autochtones qui n'ont pas encore donné leur consentement. "Les mêmes causes produisent souvent les mêmes effets", écrit Michel David. Une convergence commence à voir le jour entre les réclamations des Autochtones et celles des défenseurs de l'environnement.

Tech Frontier en Alberta a abandonné son projet pétrolier. TransCanada a renoncé au pipeline Énergie Est.  Pourtant Couillard et son gouvernement pensait que c'était des projets qui favoriseraient notre économie. 

Trudeau est soulagé probablement de voir Tech Frontier se dissoudre à cause de la non-rentabilité prévue et enfin examinée de plus près. Quand les investisseurs se retirent, que les profits attendus sont moins probables, c'est drôle comme le projet devient moins porteur  pour la diminution des émissions de GES mondiales.

L'étude d'impact de GNL Québec reconnaît maintenant que le passage des navires méthaniers dans le parc marin du Saguenay comporte un risque pour les bélugas; même si le promoteur affirmait le contraire il n'y a pas si longtemps.

Même si l'Alberta a besoin de continuer sa recherche de pétrole dans les sables bitumineux pour son économie provinciale, le Québec peut très bien se passer d'un tel projet qui lui rendrait la tâche bien difficile d'atteindre ses objectifs de réduction d'émissions de GES.

(Source: Le Devoir, d'aujourd'hui)

Les luttes féministes

Le 8 mars, un documentaire important de Rébecca Déraspe sera présenté à Savoir média (l'ancien Canal Savoir). La série documentaire "50 ans d'avancées des femmes, de la commission Bird à MeToo sera accessible. Une série de table ronde, sous le titre "Féministes à table", six épisodes qui s'intéressent à plusieurs combats menés par les femmes du Québec dans plusieurs domaines: le travail, la famille, le corps, la sexualité.

Depuis la commission Bird de décembre 1970, présidée par Florence Bird, qui déposait 167 recommandations pour mieux assurer les droits des femmes dans la société canadienne, que reste-t-il à faire ?

(Source: article de Caroline Montpetit, Le Devoir,  d'aujourd'hui)