lundi 19 octobre 2015

9800 publicités électorales télévisées

En avons-nous vu suffisamment pour prendre une bonne décision aujourd'hui, jour du vote à l'élection fédérale ? Un bilan dressé par la firme de communication numérique IPG la semaine dernière précise l'assaut des diffusions publicitaires télévisées. Il nous révèle que près des 2/3 d'entre elles ont été des publicités négatives pour diminuer la force du camp adverse.  Des publicités répétées qui décrivent la menace de deux femmes portant le niqab, que le Canada pourrait être en danger financier comme la Grèce. Nous sommes près de la tromperie. Le présent est plus complexe et l'imagination a rétréci au lavage.
 
Dans les réseaux sociaux,  on parlait peu des enjeux véritables. La xénophobie, l'hypersécurité, les intrusions dans la vie privée des citoyens, la démocratie qui s'étiole, la science qu'on veut faire taire et la connaissance des dérives environnementales; ces sujets n'ont pas suscité l'intérêt  tant attendu.
 
Si on condamne  trop rapidement par un "j'aime" ou un "je n'aime pas, on évite de regarder l'apport positif, constructif ou innovant d'une analyse qui pourrait apporter de la lumière, des nuances et des mises en perspective. Nous devons résister à ces condamnations sans procès du troll. "Le troll est un internaute salement ordinaire qui puise son épaisseur dans le code binaire et son courage dans l'anonymat relatif du Web pour salir et discréditer l'autre".
 
(Source: Fabien Deglise dans Le Devoir,  ce matin.)

mercredi 7 octobre 2015

Les frais accessoires

Les frais accessoires demandés par les médecins  pour les services de santé  et de services sociaux, assurés par la RAMQ, sont un glissement graduel vers une contribution directe des usagers, a-t-elle écrit lundi aux parlementaires.  Le système de santé  est fondé sur le financement public. Madame Raymonde Saint-Germain, la protectrice du citoyen, réaffirme qu'il est nécessaire d'interdire les frais accessoires, pour une question d'équité dans l'accès. Le ministre de la santé, Gaétan Barrette, répond qu'il  n'est pas capable de mettre fin à cette pratique qui représente 50 millions des 7 milliards versés aux médecins ou à leurs compagnies.

La protectrice du citoyen explique la nécessité de tenir un débat sur le sujet en toute transparence et avec ouverture. Il n'y a pas que l'aspect des chiffres et des impôts. C'est la remise en question de l'accès aux services pour tous. Le vieillissement de la population, les restrictions  dans le réseau, les malades qui survivent plus longtemps grâce au développement de nouveaux médicaments, comment le système de santé  pourra ramener ces frais accessoires dans le système public ?

Ne pas freiner cette tendance lourde entraînera des lendemains difficiles pour les malades démunis et défavorisés. La volonté des compressions qui s'accumulent nous dirige-t-elle vers l'utilisateur-payeur en santé comme dans les loisirs ? Est-ce un retour aux années d'autrefois où chaque malade payait pour se faire soigner ou mourait, s'il n'en avait pas les moyens ? Est-ce la confirmation du chacun pour soi ? L'économie bêtement chiffrée dépassera-t-elle la protection de la santé et de la sécurité des citoyens  comme valeur humaniste ?

(Source: Le Devoir)

La fin de la récréation fiscale

Afin de récupérer 240 milliards de dollars américains annuellement, les États du G20 et l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont adopté lundi dernier 15 actions ciblées.
 
Toute multinationale, avec un chiffre d'affaires atteignant 750 millions d'euros par année, devra être plus transparente. Elle devra divulguer ses activités pays par pays. Aussi le détail de ses activités: profits, nombre de salariés, montant d'impôt payé, etc. et ce, aux autres autorités fiscales des États membres. Plusieurs auraient préféré que la divulgation soit publique. Plusieurs ONG déplorent que 85 % des entreprises qui utilisent les paradis fiscaux seront donc épargnées pour le moment. Mais c'est un début de mécanismes de surveillance, tout de même.
 
Ceux qui ont vu le film "Un prix à payer" diffusé récemment ont vu Brigitte Alepin et Alain Deneault expliquer les conséquences néfastes des paradis fiscaux. Tous les deux se réjouissent de ce leadership naissant.
 
L'OCDE veut aussi échanger plus facilement des informations concernant certains contribuables. Le plan s'appelle BEPS pour Base Erosion and Profit Shifting. Vendredi, à Lima, les mesures composant ce plan seront approuvées par les ministres des Finances du G20. Ensuite les chefs d'État devraient les approuver en novembre en Turquie. Un pas dans le bon sens pour 62 pays.
 
Chaque année, 10 % des recettes échappent au fisc. Ce plan devra limiter la crise de la fuite des capitaux qui fragilisent les pays États de droits depuis les années 1980. En plus d'aider l'économie, ce plan devrait augmenter la confiance entre les pays.
 
(Source: Le Devoir, édition du 6 octobre)

vendredi 2 octobre 2015

La corruption chez les puissants

Les techniques des grandes entreprises pour échapper à l'impôt nous indignent. Le président de la Banque mondiale (BM) estime que c'est "une forme de corruption" frappant les plus pauvres. Selon l'ONU, chaque année les pays pauvres perdent 100 milliards de dollars de recettes, à cause de cette optimisation fiscale, légale et immorale.
 
La semaine prochaine, à Lima, la BM et le Fonds monétaire international (FMI) dévoileront un vaste plan d'action afin que les stratégies des multinationales pour diminuer leurs impôts et abriter leurs profits dans des paradis fiscaux deviennent illégales. Les inégalités pourraient ainsi décroître.
 
La BM ne croit pas que l'augmentation du produit intérieur brut (PIB) diminue les inégalités. Le PIB qui croît, même timidement, ne retombe pas toujours sur les pauvres. J'estime aussi que parfois ce sont les 1 % des plus riches qui en profitent davantage.
 
L'organisation non-gouvernementale Oxfam souhaite que tous les pays soient mis sur un pied d'égalité. La BM, important joueur du développement économique, veut éradiquer l'extrême pauvreté d'ici 2030 et augmenter les revenus des 40 % de la population la moins favorisée pour réduire les inégalités.
 
D'autre part, SNC-Lavalin versera 1,5 million de dollars à la Banque africaine de développement (BAD) suite à une enquête sur des allégations de corruption. Des pots-de-vin auraient été versés à des fonctionnaires, au Mozambique et en Ouganda, par d'anciens employés de la firme montréalaise.
 
SNC-Lavalin devra aussi se soumettre à une série de conditions négociées avec la BAD.
 
L'exemplarité des puissants permettra-t-elle aux petits de devenir moins sarcastique ?

(Source: Le Devoir)
 

Les villes attendent le plan de mesures d'urgence

Plusieurs municipalités n'ont pas de plan d'urgence en cas de déversement au moment où l'Office national de l'énergie autorise l'acheminement du pétrole de l'Ouest, de l'Ontario jusqu'au Québec par le pipeline  9B. Cette idée est en discussion depuis trois ans et pourtant le préfet de la MRC de Vaudreuil-Soulanges, Jean A. Lalonde, disait hier qu'Enbridge est "incapable de fournir un plan d'intervention spécifique ainsi qu'un temps d'intervention précis pour protéger nos prises d'eau potable municipale ".
 
S'il y avait rupture à une section de l'oléoduc traversant la rivière des Outaouais, celle des Mille-îles ou celle des Prairies,  la fuite de 2 708 barils pourrait s'écouler en 13 minutes, le temps de stopper le déversement. Un déversement dans la rivière des Outaouais menacerait 26 prises d'eau potable.
 
Un comité mixte a été formé pour coordonner la préparation des mesures d'urgence et les interventions sur le terrain. Il n'y a eu qu'une seule réunion, le 23 septembre dernier.
 
Le directeur de la sécurité publique de Terrebonne, Jacques Bérubé, a souligné que "neuf types de produits différents" pourraient être transportés. "Une nouveauté".  La commission scolaire des Affluents s'interroge. Une école est située à moins de 100 mètres du pipeline et  en zone résidentielle. Un centre de petite enfance et un centre d'amusement sont dans la même situation, inquiétante pour eux.
 
Mais le moment où le pétrole coulera dans le pipeline 9B n'est pas encore annoncé. Il alimentera la raffinerie de Suncor, à Pointe-aux-Trembles, ainsi que celle de Valero, à Lévis.  La première peut consommer 137 000 barils par jour, et à Lévis, 265 000 barils. Deux navires pétroliers de type Panamax feront le relais sur le fleuve Saint-Laurent, deux à trois fois par semaine.
 
Le milieu des affaires et l'industrie pétrolière attendaient cette autorisation de l'ONE et ont obtenu satisfaction. Actuellement Suncor, à Pointe-aux-Trembles, reçoit son pétrole (brut léger à 85 %) d'un oléoduc en provenance de Portland, Maine. Actuellement Valero raffine du pétrole en provenance à 100 %  de l'extérieur (70 % des États-Unis) acheminé par transport maritime. Avec l'oléoduc 9B, 50 % de l'approvisionnement de Valero viendra de l'Ontario et "il faudra déterminer l'autre moitié de notre approvisionnement"  explique sa porte-parole, Julie Cusson.
 
Le journal Le Devoir écrit aussi aujourd'hui que le cabinet du ministre David Heurtel et le service de relations avec les médias n'ont pas répondu aux questions de ses journalistes. Ils demandaient si le ministère de l'Environnement du Québec a exigé d'Enbridge la mise en place de plans d'urgence pour les municipalités et pour les traversées de cours d'eau ?
 
Il est plus facile, semble-t-il, de répéter des phrases préfabriquées que de répondre à des questions pertinentes. La transparence dans les affaires publiques...on attendra.


jeudi 1 octobre 2015

Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU

Le rôle principal de ce conseil est de nommer cinq hauts fonctionnaires qui déterminent les normes internationales en matière de droits de la personne, de choisir les experts qui vont occuper plus de 77 postes relatifs à la défense des droits de l'Homme dans différentes régions du monde et d'informer sur les violations des droits de la personne. Depuis le 21 septembre, ce conseil est présidé par l'ambassadeur de l'Arabie saoudite, Faisal bin Hassan Trad.
 
Monsieur Trad a condamné le rapport de l'ONU contre la peine de mort. L'Arabie saoudite n'a jamais signé la Déclaration universelle des droits de l'Homme adoptée par l'ONU en 1948. Ce pays fait appliquer par ses juges leur interprétation des règles religieuses de la charia, au lieu de la règle de droit, d'une Charte des droits et d'un code criminel. Le blasphème peut entraîner la décapitation, l'athéisme est une forme de terrorisme. Ce pays refuse de reconnaître l'égalité hommes-femmes. Et c'est leur ambassadeur qui siège au Conseil des droits de l'Homme.
 
En mars 2015, ce pays a condamné à 10 ans de prison le fondateur de l'une des rares organisations des droits de l'homme de ce pays, sans lui permettre d'être défendu par un avocat. Aussi le jeune blogueur Raïf Badawi, arrêté en 2010, est condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet pour le contenu de son blogue. Comment ce pays pourra défendre le droit de parole et la liberté d'expression au Conseil ?
 
Après l'Iran ce pays exécute le plus de condamnés. Récemment il faisait un appel à huit nouveaux postes de bourreaux. Et le Canada, qu'en dit-il ?
 
Comme ce pays achète des armes canadiennes, fabriquées en Ontario, on se tait. La passivité et la rentabilité électorale simpliste en plein jour. De plus ce pays fait du "dumping" pétrolier, qui réduit les possibilités d'emploi dans l'Ouest. Mais si l'Iran ou le Hamas voulaient acheter nos armes fabriquées au Canada, la morale serait-elle comprise de la même manière ?
 
L'Arabie saoudite est, comme nous, contre le groupe État islamique (EI). Mais le silence complice sur les valeurs, les principes d'égalité, de liberté, continue dans le monde occidental.  Sous un présumé droit divin, on torture, on emprisonne pour plaire aux dirigeants.
 
Des citoyens ordinaires, même ici, qui ne disent pas ce que les dirigeants veulent entendre, sont condamnés. Il ne faut pas croire que ce n'est qu'ailleurs. Regardons bien dans notre propre conseil de  services de proximité. Sans repentir, sans excuse, on continue à faire semblant que tout a été bien fait. On oublie vite chez nous.

(Source: Le Devoir)

Les paradis fiscaux: 47 milliards $ québécois

La Commission des finances publiques a un mandat d'initiative pour étudier le phénomème des paradis fiscaux.  Le ministre des Finances a présenté un mémoire. Il évalue que 47 milliards de dollars de capitaux québécois séjournent dans les paradis fiscaux. Selon une extrapolation des résultats de l'étude de Gabriel Zucman, annuellement, les finances publiques provinciales perdraient 800 millions en revenus fiscaux. Le ministère considère que ces genres de forme d'évitement ne sont  pas en croissance.
 
En 2014-2015, la lutte à l'évasion fiscale a rapporté 3,9 milliards en récupération soit plus de 2 fois ce qui était récupéré en 2005-2006 (1,7 milliards), selon le président de l'Agence du revenu du Québec, Gilles Paquin. Pour chaque dollar supplémentaire engagé dans la lutte, l'État récolterait 9 $.
 
Mais Martin Coiteux, le président du Conseil du trésor, a gelé les budgets de Revenu Québec. Les banques, Desjardins et les grands bureaux de comptables refusent de comparaître devant la commission. Mais en vertu de la loi, les commissions de l'Assemblée nationale ont le pouvoir d'assigner quiconque à comparaître.
 
L'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) recommande une action multilatérale et a adopté un plan en 15 actions. Elle veut revoir les conventions fiscales internationales. En 2017, de nouvelles règles de l'OCDE s'appliqueront.
 
(Source: Le Devoir, aujourd'hui)