mercredi 11 février 2015

Politique d'une société plus ouverte aux aînés

Une première politique des aînés a été adoptée par la MRC Pierre-de-Saurel prévoyant un plan d'action avec plusieurs interventions au cours des prochaines années. Un comité local a été formé à Saint-Robert et un brunch tenu en juin dernier a permis à plusieurs personnes de s'exprimer sur leurs besoins.
 
On apprend que l'âge moyen de notre population robertoises est de 44,7 ans. Notre population serait la deuxième plus jeune de la MRC. Le tiers des personnes âgées de plus de 75 ans habiteraient seules dans leur domicile. Le revenu moyen des aînés serait de 19 302 $.
 
Six axes d'intervention ont été retenus dans le plan d'action régional.
 
La conseillère municipale de Saint-Robert, responsable de ce dossier,  nous a présenté lors de la séance publique de décembre 2014 les axes suivants et les actions prévues pour les aînés robertois: 
 
1. L'administration municipale sera la gardienne de la politique et un bilan sera émis deux fois l'an pour s'assurer du respect des actions. Les services offerts aux aînés seront mieux annoncés. Deux fois l'an, un brunch sera servi au centre communautaire et un organisme sera invité à y présenter ses services, par exemple: la coopérative d'entraide, le transport collectif, etc. Le graphisme et toutes les communications écrites seront ajustés pour les aînés en grossissant les caractères d'imprimerie, par exemple. L'administration municipale demeurera à l'affût des changements pouvant compromettre les services et qui seraient susceptibles d'être menaçants pour notre municipalité.
 
2. L'aménagement du territoire et habitation: la politique s'assurera d'un meilleur accès pour les aînés.
 
3. La sécurité: le lien sera maintenau avec la Sûreté du Québec, trimestriellement. Un appel à réduire la vitesse sur les routes par l'achat d'un modèle mobile de radar est prévu pour 2015 indiquant la vitesse au conducteur distrait. Suivra la mise en place d'une liste de maisons dont les personnes sont disponibles pour secourir les aînés en détresse, à la manière de Parents-Secours, en posant une affiche reconnaissable facilement dans la fenêtre.
 
4. L'environnement: on prévoit un projet pilote avec un travailleur du milieu pour diminuer les risques de maltraitance et de fraudes. Un effort de sensibilisation sera apporté.
 
5. Le transport: un conseiller continuera d'assurer sa présence à quatre rencontres annuelles concernant le transport collectif. Un bottin de covoiturage devrait s'établir pour créer des liens et inventorier les personnes disponibles. En 2016, on prévoit organiser une porte ouverte pour inciter les aînés à utiliser davantage le transport collectif.
 
6. Loisirs, culture et vie communautaire: les élus prévoient l'organisation du service de popote roulante. Une fête annuelle de reconnaissance pour les personnes bénévoles est envisagée.  En 2017, on prévoit des projets pour favoriser les liens intergénérationnels. Afin que le vieillissement demeure une période active de la vie, on s'assurera du maintien des infrastructures adéquates pour les aînés.
 
Les actions de la politique des aînés devront être réelles et visibles. Dès 2015, nous devrions en voir les bienfaits.
 
À la séance publique  de février, une nouvelle précision est ajoutée.
 
Il est prévu que le 22 mars 2015 (a été modifié pour le 29 mars selon le Patelin de mars), se tiendra le premier brunch annuel relativement au premier axe proposé dans la politique des aînés. Les premières réservations bénéficieront d'un accès gratuit, les autres débourseront un montant minime, dit-on.
 
Dans le journal L'Annonceur, du 11 au 24 février 2015, on peut lire que 9 municipalités ont décidé de bonifier la Politique régionale des aînés en adoptant un plan d'action. Saint-Robert et Saint-Aimé ne font pas partie de la liste. Étonnant !

lundi 9 février 2015

L'impôt et la police

Un nouveau pouvoir vient d'être donné à l'Agence du revenu du Canada. En examinant les dossiers des contribuables, l'agence fédérale peut maintenant transmettre à la police toute information prouvant un crime sérieux, comme les activités terroristes, et ce, sans mandat.
 
Alors que les mesures de confidentialité prévues dans la loi empêchaient de transmettre l'information aux forces policières au sujet de possibles crimes, sauf ceux reliés à la fiscalité, le plus récent projet de loi omnibus sur le budget a modifié ces mesures.
 
L'entrée par effraction, le vol de véhicule, l'incendie criminel, la corruption et l'enlèvement deviennent des crimes que tous les employés de l'Agence du revenu obtenant  des informations prouvant un tel crime, dans le cadre de leurs fonctions, pourraient les transmettre à la police. Ce pouvoir est en vigueur depuis juin 2014, de façon intérimaire.
 
L'Agence du revenu analyse les implications que ces nouvelles mesures pourraient avoir sur la vie privée et consultera le commissaire à la vie privée à ce sujet, peut-on lire dans l'article de ce matin de Jimm Bronskill du Devoir.
 
Une vérification fiscale permet souvent d'examiner les relevés bancaires, des documents financiers et pourrait inquiéter les individus vulnérables. La relation entre les employés de l'Agence et les contribuables sera-t-elle plus méfiante ?

samedi 7 février 2015

Comment devenir le meilleur maire du monde ?

Le maire de Calgary a été proclamé "le meilleur maire du monde" cette semaine. Un organisme de Londres, la Fondation des maires urbains, a demandé qui est le meilleur maire  et pourquoi  l'est-il. Les résidants de sa ville ont soutenu leur maire, élu depuis 2010. Il a été réélu aux dernières élections avec plus de 70 % des votes.
 
Sa recette: " Quand j'ai été élu, je n'avais ni scénario ni recette, alors j'ai décidé d'envisager ça de façon simple: être authentique et partager le plus d'info possible." Il est le premier maire musulman des grandes villes d'Amérique du Nord. Il ne s'associe à aucune idéologie: ni à gauche, ni à droite, ni conservateur, ni libéral. Il porte le mauve, "un mélange de bleu et de rouge. L'idée, c'est qu'il y a de la place pour tout le monde".
 
Cette semaine, il s'est allié aux maires des autres grandes villes pour réclamer que le fédéral finance davantage le transport en commun et l'habitation en milieu urbain. Dans sa ville albertaine, déjà 50 % des gens utilisent le transport en commun et 20 % marchent ou utilisent le vélo.
 
Ce jeune maire estime qu'il est temps d'investir dans les transports en commun, le seul choix réaliste face au trafic urbain. Les taux d'intérêt n'ayant jamais été aussi bas, il considère que c'est le temps d'emprunter pour de tels projets structurants. Isabelle Porter du Devoir,  nous souligne que la population de sa ville apprécie son leadership et sa présence constante sur le terrain. Il était de passage au Carnaval de Québec cette semaine.
 
Favorable à la transparence, rassembleur, Naheed Nenshi pourrait être un modèle pour les maires de notre région aussi.  Il aime le partage de l'information, ce qui n'est pas toujours le cas dans notre région. Demander aux maires d'être transparents sur le projet éolien, partager l'information que vous détenez,  par un billet ou autrement, et vous pourriez  recevoir une mise en demeure rapidement vous accusant de tenir des propos mensongers. 
 
Le  maire de Calgary devrait continuer d'expliquer aux autres maires "comment devenir le meilleur maire du monde" et de servir de modèle d'inspiration. "De la place pour tout le monde", cela signifie aussi d'accepter que tous ne pensent pas comme le maire, élu avec parfois moins de 30 % des électeurs inscrits !

vendredi 6 février 2015

Le candidat libéral et l'utilisation de l'église

Il était surprenant de découvrir ces deux derniers jours, au tout début de la campagne électorale provinciale dans notre circonspection de Richelieu, que le candidat pour le parti libéral affiche sa publicité, de très grand format, sur le terrain de l'église paroissiale robertoise. Alors qu'on s'affaire à remplacer la député péquiste démissionnaire, madame Zakaïb, alors qu'on s'interroge sur la place de la laïcité dans les affaires de l'État, alors que l'église paroissiale ne rassemble plus régulièrement qu'une maigre partie des croyants, pourquoi donc s'autorise-t-on à utiliser les lieux de prière pour afficher  sa publicité partisane ?
 
Un manque de respect flagrant de l'utilisation d'un terrain privé sans en obtenir une autorisation préalable peut être, au moins, reconnu ici. De plus une même usurpation avait été relevée lors de la campagne électorale aux élections municipales de 2013 par les militants du candidat à la mairie, Germain Forcier. Quand les candidats d'élection municipaux ou provinciaux comprendront-ils que ce terrain n'est pas disponible à la propagande, peu importe sous quelle forme et pour quelque regroupement qu'il soit ?
 
Il me semble qu'un minimum de sens commun permet de comprendre le fait que l'église paroissiale est un lieu de prière, de culte, de rassemblement de croyants avec le maigre terrain qui l'entoure. Le parti libéral et son candidat local se déshonorent en n'expliquant pas ce principe de base à leurs militants et en affichant un tel manque de respect minimal. Un autre exemple de la laïcité de l'État, volontairement séparé des affaires religieuses, quand cela sert bien les politiciens et un amalgame des politiciens avec la religion quand cela sert encore bien les intérêts des politiciens. La cohérence entre les propos entendus partout et les actions politiques concrètes n'apparaît pas clairement dans la circonstance évoquée ici.
 
Il a fallu la décision et l'action d'un membre bénévole du conseil administratif de la fabrique de notre paroisse pour que cesse cette offense à ce lieu de prière paroissial. Il a fallu l'action de fervents bénévoles pour retirer cette insulte ostensible du terrain de l'église, hier.
 
J'espère que les militants et les électeurs se souviendront qu'un tel geste d'un candidat libéral ou de ses militants est inacceptable. J'espère que les citoyens robertois ne toléreront plus une telle propagande partisane autour du plus important lieu sacré de notre municipalité.
 
 

jeudi 5 février 2015

La réforme scolaire: échec accablant

Malgré le fait d'avoir ajouté 150 heures pour une meilleure réussite en français, le résultat attendu n'est pas au rendez-vous. Une étude menée par des chercheurs de l'Université Laval constate que les garçons, les élèves à risque et les anglophones ont été moins nombreux à être diplômés. La réforme des méthodes pédagogiques n'a pas porté les fruits attendus. L'approche par compétence, la disparition du bulletin chiffré, l'abandon des dictées, les cycles réorganisés, bref, le Renouveau pédagogique n'a pas permis d'améliorer la réussite  des élèves exposés à la réforme comparée à ceux qui n'y ont pas été exposés.
 
Cette réforme découle des états généraux tenus il y a 20 ans qui suggéraient "d'ajuster les programmes et mettre l'accent sur l'essentiel". Implantée par le ministre de l'Éducation François Legault, on a  plutôt "misé sur un changement des méthodes pédagogiques en changeant tout le système", déplore la présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement.
 
Le directeur de la recherche, le professeur Simon Larose, propose "de plutôt regarder quelles sont les méthodes et les façons d'enseigner qui conduisent à la réussite."  Parmi les causes de l'échec, selon ce professeur,  a été noté l'ampleur du changement trop rapide du système et que son application n'a été suivie que par 50 % des écoles . Il aurait été préférable, selon lui, de concentrer les efforts sur les élèves à risque, en augmentant les ressources et un soutien individualisé. Des coûts, certainement. Mieux utilisés ?
 
Cette aventure  de la réforme scolaire a tout de même coûté des dépenses de centaines de millions de dollars. De grandes énergies investies par les enseignants  pour s'adapter à la réforme n'auront pas servi au but recherché. Un gaspillage de fonds publics et un gaspillage de savoir non transmis à la prochaine génération.
 
Malgré que le ministre actuel de l'Éducation, Yves Bolduc, prépare l'établissement de programmes sport-études et des projets manuels pour tenir compte des besoins des garçons, rien n'indique que le savoir essentiel de mieux savoir lire et mieux savoir écrire sera amélioré par ces programmes adaptés aux garçons, toujours moins nombreux à persévérer  dans leurs études au secondaire.
 
L'effort et la persévérance sont  pourtant irremplaçables dans l'acte d'apprendre. La curiosité de l'inconnu encourage le désir de continuer à vouloir apprendre. Ne devrait-on pas développer la curiosité chez nos jeunes et les encourager à poursuivre leur besoin inné de questionner ? Parfois agaçantes et dérangeantes leurs questions, elles bouleversent le confort établi et bien assis de l'adulte. Elles remettent en cause notre propre agir et penser d'adultes et exigent que nous nous remettions nous-mêmes en question. Difficile mais pourtant si nécessaire.
 
Il est remarquable de lire, dans la même édition d'aujourd'hui du Devoir,  une annonce d'une conférence à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain sur La réussite des élèves: au coeur de nos priorités! par le ministre de l'Éducation Yves Bolduc. Comique, non ?

Toujours moins de scientifiques

À l'heure où les informations des experts scientifiques pourraient mieux éclairer les décisions gouvernementales par leurs connaissances et leurs recherches, on réduit leur nombre au nom des compressions nécessitées par l'austérité de notre gouvernement.
 
Le ministère de la Faune éliminera des postes de scientifiques qui s'occupaient de projets relatifs à des espèces en péril, au contrôle de la rage et à la faune aquatique. La moitié des professionnels contractuels oeuvrant pour la Direction générale de l'expertise sur la faune et ses habitats (DGEFH)  perdront leur poste prochainement.
 
En août 2014, le gouvernement Couillard avait déjà annoncé l'abolition de 53 emplois au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP). Ainsi des projets de recherche liés à des espèces menacées ou à l'étude des impacts des changements climatiques ont écopé.
 
Est-ce qu'il deviendrait menaçant de trop connaître de résultats découlant de recherches des experts scientifiques quand les sociétés pétrolières et gazières souhaitent tant que leur développement se poursuive sans obstacle ? L'ignorance du comportement de la faune et de ses habitats maintient la population dans une méconnaissance de la biodiversité du territoire et de sa nécessité.
 
La gouvernance n'ignore pas que ses décisions à courte vue pour équilibrer rapidement les finances publiques nuira  à plusieurs régions du Québec. Le futur plan de gestion du saumon atlantique sera touché par les compressions. Pourtant il devait assurer la pérennité de la pêche sportive, importante activité économique dans plusieurs régions, alors que l'espèce risque de se retrouver en péril.
 
Le suivi de l'état des poissons dans le fleuve Saint-Laurent perdra l'un des deux biologistes qui coordonnaient ce suivi. Son contrat ne sera pas renouvelé.  Alors les déversements d'hydrocarbures pourraient-ils continuer allégrement sans que l'information sur l'état des poissons soit connue des citoyens ?
 
La gestion de la faune devient négligeable, semble-t-il. Pourtant en 2012, 1,6 milliard de dollars de dépenses en activités de pêche et de chasse ont été colligées dans les statistiques. Tout de même un apport économique significatif pour plusieurs régions.
 
 (Source: Le Devoir  d'aujourd'hui)
 

mercredi 4 février 2015

Un déversement d'hydrocarbures: tous les 10 jours

En moyenne tous les dix jours, un déversement d'hydrocarbures survient dans le Saint-Laurent, selon un document de Transports Canada. Les navires ont déjà causé 334 incidents entre février 2002 et novembre 2012. Les navires commerciaux sont responsables de 65 % des déversements au cours de la période analysée. L'hydrocarbure le plus souvent déversé dans notre fleuve est le diesel.
 
Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a prévu la tenue de la première table d'experts devant conduire à l'élaboration de la future politique énergétique du Québec. Elle sera tenue à Montréal le vendredi 13 février.
 
Une consultation publique suivra en soirée. Les citoyens qui veulent y prendre part devront toutefois s'inscrire à l'avance. Deux autres tables d'experts devraient suivire  d'ici au printemps.
 
 
Aussi les audiences publiques d'oléoduc Énergie Est approchent: les citoyens ont jusqu'au 3 mars pour soumettre une demande de participation. L'Office national de l'énergie (ONE) a mis en ligne hier les détails pour participer aux audiences publiques. Pour soumettre une demande de participation, la personne doit être "directement touchée ou posséder des renseignements pertinents ou une expertise appropriée".
 
Les questions liées à l'exploitation des sables bitumineux en amont et à l'utilisation en aval du pétrole transporté grâce à cet oléoduc ne seront pas étudiées. L'ONE, basée à Calgary,  ouvrira un bureau régional à Montréal avec six personnes: des inspecteurs et des personnes en relations communautaires et en communications. Des résistances vives à ce projet s'installent un peu partout au Québec. Le franchissement des cours d'eau et les situations d'urgence posent problèmes.  L'ONE espère travailler davantage avec les municipalités et ainsi démontrer plus de transparence.
 
(Source: Le Devoir, éditions du 17-18 janvier,  20 janvier et 4 février 2015)