mardi 11 février 2014

Première journée de riposte contre la surveillance numérique de masse

La majorité des programmes de surveillance numériques remettent en question la présomption d'innocence, le droit à l'intimité, la liberté d'expression et les fondements des régimes démocratiques, voilà ce que nous rappelait la Commissaire à la vie privée du Canada lors du dépôt de son rapport devant la Chambre des communes en janvier dernier. Elle demandait aussi des réformes du cadre légal régissant les activités des espions au Canada.
 
Déjà en décembre, 500 écrivains dans 80 pays nous ont rappelé qu'une société sous surveillance n'était plus une démocratie  et devenait une entrave à la liberté de penser et de créer. Les programmeurs et les informaticiens, qui ont un sens de la morale, devraient s'assurer que la technologie ne se détourne pas de l'intérêt public. Toutefois il est pertinent de se rappeler aussi que leur employeur soigne d'abord le rendement des investisseurs avant l'intérêt des communautés humaines.
 
C'est maintenant le temps de comprendre cette mobilisation de 5 000 groupes de citoyens, entreprises du Web et militants qui appuient cette journée de mobilisation en format numérique afin de pouvoir continuer d'interagir comme des personnes libres.
 
Toutefois les sociétés comme Apple, Google, Facebook, Twitter et Yahoo, dont leurs réseaux participent à ce type de surveillance, ne font pas partie de la liste des adhérents à cette Journée de riposte. La liberté civile doit jouer dans le même orchestre que la liberté dans les technologies.
 
Cette journée de riposte invite à dénoncer publiquement, par un geste civique, les intrusions numériques institutionnalisées dans notre vie priviée et à y résister sur le site: thedaywefightback.org.
 
 (Source: Le Devoir, 11 février 2014)
 


lundi 10 février 2014

Gabriel Arcand: magnifique dans "Moi, Feuerbbach" au Prospéro en supplémentaires

Cet acteur revisite un rôle qu'il a tenu déjà en 1995, dans un texte de l'auteur Tankred Dorst. L'histoire d'un comédien d'un certain âge qui se présente dans un théâtre pour une audition après sept ans de silence professionnel. Au lieu de rencontrer  le directeur, il se retrouve dans un dialogue face à un jeune assistant inculte qui ignore tout de l'expérience théâtrale du vieil acteur sexagénaire. Un spectacle qui nous parle d'identité, d'existence, du désir d'avoir encore une place dans la vie théâtrale qui continue d'évoluer avec ses contemporains. Ils échangent d'abord sur le théâtre, sur le sens de la vie, dans un texte magnifique de 80 pages, dira Arcand en entrevue.
 
Gabriel y explique que ce texte rassemble tout ce qu'il a entendu sur le théâtre, tout ce que les acteurs et ceux qui le pratiquent en pensent.  Un grand paradoxe entre le côté éphémère du métier d'acteur dont l'art s'efface à mesure qu'il est prononcé et entendu et l'acharnement à vouloir  pratiquer ce métier tout de même. On y entend la raison d'être de leur existence dans ce long dialogue sur le théâtre, sur la vie, sur le destion des acteurs sans emploi et leur souffrance.
 
Une prestation remarquable très appréciée du public présent hier au Prospéro. Une salle comble qui vibre avec ce texte exigeant pour l'acteur et pour le spectateur, un texte dense qui demande une attention soutenue de l'auditeur. De fins détails du langage corporel d'Arcand, une diction impeccable, des niveaux de timbre agilement traversés, une gestuelle raffinée et soignée, un travail d'acteur noblement travaillé.
 
Recommandable pour tous ceux qui aiment le théâtre. Une saveur d'excellence. J'ai beaucoup savouré cette matinée théâtrale offerte en supplémentaire. Il y en aura de nouvelles jusqu'en mai.
 
(Source: site du théâtre Prospéro)
 
 

Notre municipalité amie des aînés (MADA)

Hier midi, à la salle communautaire, se tenait la consultation publique pour analyser comment améliorer les services offerts par notre municipalité pour qu'elle réponde mieux aux besoins de nos aînés. Un brunch a été servi aux 52 personnes présentes à cette consultation grâce à une subvention accordée par la MRC Pierre-de-Saurel, selon l'invitation formulée lors de la séance publique du 13 janvier dernier du conseil municipal.
 
 
Des informations ont été transmises par des panneaux explicatifs posés au mur de la salle sur la situation prévalant dans notre municipalité. Des commentaires sollicités par l'animatrice Sonia  ont été fournis sur les divers thèmes soulevés par une généreuse participation des personnes présentes à la consultation.
 
Les points soulevés les plus discutés sont les suivants: le transport collectif mieux adapté aux besoins des utilisateurs pour se rendre aux services de santé ou à des activités d'approvisionnement domestique, les communautés d'entraite intergénérationnelle à favoriser, l'offre d'autres brunchs  à prix modique pour discuter sur les besoins des citoyens dans notre communauté, ouverte aux propositions, sans jugement ni engagement, l'encouragement au bénévolat et à l'inclusion sociale de toutes les personnes  pour contrer l'âgisme, des besoins de services d'accompagnement, de repas servis à domicile, du jumelage pour une mobilité durable, des activités pour briser l'isolement et créer des liens sociaux intergénérationnels, d'apprendre à se servir de l'expertise locale de nos aînés, l'amélioration de la sécurité des trottoirs défraîchis et potentiellement dangereux,  etc.
 
Une sensibilisation aux aînés pourrait être activée par une meilleure information sur les nombreux services régionaux déjà disponibles. Notre municipalité pourrait compléter par des services de proximité  selon les clientèles  ciblées.
 
Un comité local MADA a été nommé en séance publique  le 30 septembre 2013. Quelques rencontres et discussions ont déjà eu lieu depuis leur nomination. Messieurs Marcel Dufault, Gilles Latour, Joël Pelletier, Fernand Salvas, Gilles Salvas et mesdames Patricia Salvas et Véronique Salvas composent ce comité MADA. Suite à cette consultation d'hier, ce comité pourra prendre des décisions et suggérer des actions concrètes.  À suivre...

mercredi 5 février 2014

Le temps d'un été: film bouleversant

À notre cinéma régional, le film américain de John Wells, Le temps d'un été,  met en vedette des actrices superbement éloquentes même dans leur silence: Meryl Streep et Julia Roberts, remarquables comédiennes. Un drame familial disponible au Québec depuis le 10 janvier dernier.
 
Pour régler des lourds et vieux souvenirs, leur jeu nous expose une force intérieure exceptionnelle. La triste réalité des secrets de famille, des non-dits qui n'en finissent plus de fissurer les relations interpersonnelles, les rancunes enfouies qui resurgissent, les difficultés de dire la vérite que personne ne souhaite entendre, un tableau remarquable des travers humains et des tentatives pour soulager les douleurs enracinées depuis longtemps au sein de la famille.
 
On ressort de cette écoute en trouvant que nos propres familles sont moins douloureuses, que nos difficultés sont beaucoup plus anodines, et que ailleurs, c'est souvent pire.
 
Nous pouvons toutefois aussi y comprendre qu'attendre pour régler les secrets et les non-dits  et avouer les vérités familiales n'est pas un moyen efficace pour mieux vivre dans nos relations humaines. La vérité a souvent meilleur goût, pensais-je depuis si longtemps et l'auteur de cette oeuvre théâtrale traduite au cinéma semble penser de même.
 
Bon cinéma, vive le grand écran pour saisir les nuances d'un réalisateur talentueux.

lundi 3 février 2014

Retrait aux municipalités de toute compétence sur les puisements d'eau

Le ministre du développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs, Yves-François Blanchet enlève aux municipalités toute compétence sur les puisements d'eau réalisés par les sociétés pétrolières et gazières. Il a déposé le 29 mai dernier un nouveau projet de Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection.
 
Ce projet comporte des reculs importants pour les communautés et les municipalités locales. Il enlève aux municipalités toute compétence sur les puisements d'eau effectués  sur leur territoire, si ces puisements d'eau sont réalisés par les sociétés gazières et pétrolières. (art. 7, avant-dernier alinéa). Il se substitue au Règlement dit de Saint-Bonaventure et à ses diverses variantes, règlement adopté par 70 municipalités, dont celle de Saint-Robert par sa résolution 4812-04-2013 du 2 avril 2013. Ce nouveau projet n'offre que des protections bien inférieures à celles prévues dans les règlements municipaux (art. 124, Loi sur la qualité de l'environnement).
 
En permettant aux sociétés gazières et pétrolières de pratiquer des forages par fracturation hydraulique sur un territoire municipal dont le sous-sol pourrait renfermer des hydrocarbures fossiles non conventionnels (HFNC) sans que la communauté locale et ses représentants aient leur mot à dire, le projet de règlement compromet toute autre sorte de développement sur ce territoire.
 
L'exploration ou l'exploitation des HFNC à proximité des propriétés des résidents réduit la valeur des immeubles et des terrains, porte atteinte à l'assiette fiscale des municipalités et compromet la tranquilité, la santé et la sécurité des personnes. Discutez-en avec les personnes de La Présentation qui tentent de vendre leur patrimoine...
 
En plus des risques démontrés d'explosion et d'incendies dus à la remontée du gaz par des fissures créées par le procédé de fracturation hydraulique, nos villes ne sont pas équipées pour assurer la sécurité publique advenant un accident causé par l'industrie gazière et/ou pétrolière.
 
Si  de plus, la source d'eau sert à abreuver le bétail, elle ne bénéficie d'aucune protection !
 
Les villes de Restigouche  et  de Gaspé  se défendent présentement contre ces puissantes sociétés. Nous devons soutenir leur défense au cas où ce serait notre tour, un jour, car on ne peut oublier que les sociétés pétrolières/gazières ont déjà acquis notre sous-sol robertois par des claims  payés au minime prix de 10 cents l'hectare.
 
Un fonds de défense du règlement dit de Saint-Bonaventure se constitue depuis mars 2013. Déjà 10 villes ont répondu positivement à la constitution de ce fonds de solidarité intermunicipale. Saint-Robert a résolu en 4813-4-2013 de ne pas y participer. Pour 50 cents par citoyen, Saint-Robert a été invité encore récemment à participer à ce fonds de défense des enjeux municipaux. Sur proposition de Germain Forcier et secondé par Joël Pelletier, nos élus ont résolu de ne pas participer à la rencontre concernant la fondation du fonds de défense du règlement dit de Saint-Bonaventure qu'il venait d'adopter par le règlement 377-2013. Aussi à une plus récente séance publique, ils ont réitéré leur volonté de ne pas se joindre à ce fonds de défense.
 
Nous devons exiger de nos élus municipaux qu'ils combattent ce projet de règlement inacceptable et dangereux! Nous devons faire savoir au gouvernement notre opposition à la promulgation de ce projet de règlement sur la protection des eaux..
 
Plusieurs personnes de nos municipalités ont déjà manifesté leur volonté de ne pas laisser ces sociétés forer leurs terres par leur signature au formulaire Vous n'entrerez pas chez nous. Le 17 février 2014, un nouveau dépôt de signatures de plus de 25 000 personnes aura lieu à Saint-Hyacinthe en présence des médias.
 
S'informer, c'est s'engager.
 
(Source: comité de vigilance de Saint-Robert, Saint-Aimé et Massueville du Regroupement interrégional des gaz de schiste de la vallée du Saint-Laurent)

Soeur Jocelyne Allard: elle donne au suivant

Une robertoise est rencontrée par Denyse Bégin, dans l'édition du Courrier de Saint-Hyacinthe du 12 décembre dernier, dans la chronique D'amour et d'espoir. Accompagnée d'une consoeur, soeur Juliette Vadnais, soeur Allard explique la source de son action de "donner au suivant". La communauté des Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe partage sa générosité en aidant des causes,  financièrement, et des individus, par leur prière.
 
On rappelle, dans cet article, que depuis la fondation de leur communauté, la foi chrétienne est au coeur de leur empathie envers les démunis. On nous rappelle aussi qu'après avoir formé des milliers d'élèves, sa communauté a mis sur pied quelques organismes communautaires maskoutains, éloquents reflets de valeurs de partage, d'empathie et de générosité.
 
Soeur Jocelyne explique "Notre souci de partager avec les autres s'enracine dans la Bible et dans notre baptême" tout en ouvrant le livre des Écritures et lisant un extrait de l'évangile de saint Matthieu 25,35-36 à son intervieweuse. Et elle termine, souriante :"Et ainsi, nous sommes comblées."
 
Une robertoise d'origine qui nous livre un lourd message à méditer.

Tu es important pour nous


 
Voici le slogan martelé par Bruno Marchand, le directeur général de l’Association québécoise de prévention du suicide. Plus de 1100 familles sont frappées par le suicide annuellement au Québec. Cette semaine de prévention du suicide qui a débuté hier devrait nous faire tous réfléchir. Les hommes sont 3,4 fois plus à risque que les femmes, surtout ceux entre 35 et 49 ans. Le taux de suicide diminue au Québec depuis 1999. Mais on meurt tout de même 2 fois plus du suicide que d’un accident de la route.

La psychiatre des urgences Suzanne Lamarre publie présentement le livre : Le suicide, l’affaire de tous. Elle propose une approche qui fait participer les proches de la personne suicidaire comme une partie prenante qui n’a pourtant pas l’entière responsabilité sur ses épaules.

Le chef de département au service d’aide de la police de Montréal (SPVM) et psychologue Normand Martin explique que, de 29 suicides par 100 000 habitants chez les policiers en 1980, le taux a été réduit à 6,8 depuis la mise en place de ce service d’aide. Alors que dans les autres corps policiers, ce taux demeure à 26. Les ressources mises en œuvre font parfois une grande différence, nous explique Amélie Daoust-Boisvert dans l’édition du 31 janvier du Devoir.

Laure Waridel, éco-sociologue et doctorante, participe à la promotion de la santé mentale. Elle a été témoin de deuils reliés au suicide depuis sa tendre enfance. Elle connaît l’impact d’infinie tristesse sur les proches. Le suicide entraîne une souffrance chez ceux qui restent, ce ne peut plus être entrevu comme un possible soulagement de la souffrance, nous rappelle-t-elle en entrevue avec Catherine Perrin, ce matin, à Radio-Canada.

Dre Lamarre nous souligne, à cette même émission radiophonique, l’importance de remettre les acteurs concernés au centre des interventions, d’inviter les personnes qui seraient aux funérailles du suicidé, s’il y avait échec dans la prévention, à réfléchir aux divers moyens pour terminer un tel moment de détresse chez le suicidaire. Une telle personne souffrante pense qu’elle ne vaut rien, que personne ne pourra l’aider et que cet état ne changera jamais. Mais toute personne a besoin des autres dans une interdépendance normale. Pourquoi ne pas développer des communautés d’entraide ? nous soumet l’éco-sociologue. Chacun doit développer des relations interpersonnelles satisfaisantes. Dans une société d’hyper-performance, il faudra se rappeler que je ne suis pas une erreur même si j’ai fait une erreur,  nous rappelle Dre Lamarre.

Le suicide est imprévisible. L’aidant n’a pas à devenir un sauveur car le suicidaire ne souhaite pas devenir un sauvé, une notion qui le diminue encore davantage. Tout comme chacun fait réparer un équipement défectueux, pourquoi hésite-t-on tant à consulter un réparateur quand la souffrance brise l’humain? Un robot, quand il ne fonctionne plus, on l’élimine, l’être humain ne peut être réduit à être perçu comme un robot fonctionnel. L’Institut national de la santé publique (INSPQ) nous invite à réfléchir à ce sujet durant cette semaine de prévention du suicide.