dimanche 5 mai 2013

Un autre robertois honoré: Jean-Pierre Salvas

Dans le journal Les 2 rives,  édition du mardi 30 avril, on m'apprend que notre robertois, entrepreneur et diplômé en agronomie et économie de l'Université Laval, a reçu le Prix spécial du jury pour son implication dans l'entreprise La fromagerie Polyethnique, dont le siège social est à Saint-Robert, près de la route 239, nous reliant à Saint-Aimé ou  à Sainte-Victoire-de-Sorel.

Les produits sont distribués au fameux temple de l'alimentation Adonis, autant à Montréal qu'au Complexe commercial DixTrente à Brossard. Des spécialités qui plaisent tellement aux québécois d'origine  moyen-orientale et aussi, bien sûr, aux québécois de plus profonde souche. Le fromage grillé qu'on nous offre lors du brunch des amateurs de chevaux est tout simplement délicieux. 

Plusieurs autres produits sont reconnus pour leur excellente qualité  mais ne sont malheureusement pas toujours disponibles au marché d'alimentation robertois local de notre village. Il en est dommage.

Une entreprise florissante robertoise, dont monsieur Salvas est le moteur actif, depuis de nombreuses années au sein de notre économie environnante.

Félicitations monsieur Salvas et bonne suite dans le succès de cette fromagerie polyethnique.  Une ouverture aux goûts du monde...possiblement serons-nous entraînés à devenir plus curieux des habitudes culinaires et des cultures de ceux qui arrivent au Québec  depuis déjà plusieurs années, pour partager notre beau territoire.

Cosi fan tutte, ainsi font-elles toutes, l'infidélité au programme de Mozart

Hier soir, à l'église Sainte-Anne-de-Sorel, les Jeunesses Musicales du Canada (JMC), en collaboration avec la Maison de la musique Sorel-Tracy, présentaient l'opéra célèbre de W.A. Mozart, créé à Vienne en 1790.

Alain Gauthier, metteur en scène réputé, formé à l'UQAM, acclamé pour son travail dans Dead  Man Walking de l'Opéra de Montréal, cette saison, a su modernisé notre compositeur classique viennois. 

Dans des costumes modernes, colorés, proposés par Cynthia St-Gelais, une scénographie de Josée Bergeron-Proulx, collègue de pré-maternelle de ma  propre fille,  une direction musicale de la réputée pianiste Louise-Andrée Baril, la production de ce 4 mai 2013, a su plaire et réjouir de nombreux mélomanes présents malgré le beau temps extérieur qui invitait à demeurer sur les terrasses...

Un livret de Lorenzo da Ponte, un thème suggéré par l'empereur Joseph II, n'exigeant qu'un décor simple, cet opéra peut être joué dans des lieux impropres normalement à présenter de telles grandes oeuvres. Une comédie classique, une simplicité dans le propos, une musique fabuleuse, un ensemble de duos, trios, quatuors ou sextuors musicaux assez faciles à suivre avec l'aide du texte français-anglais projeté sur grand écran à l'avant-scène.

Même si les airs ou ensembles sont chantés dans un italien bien articulé, l'écran aidait de nombreux spectateurs moins familiers à suivre avec plaisir l'intrigue de cette oeuvre classique renommée.

L'orchestration était jouée par un québécois de grand talent aussi, le pianiste Jérémie Pelletier. Il a déjà enregistré un album avec la soprano Karine Boucher chez XXI-21. À découvrir, me semble-t-il.

La soprano Jennifer Taverner, amoureuse du baryton Philip Kalmanovitch, sa soeur, la mezzo-soprano Charlotte Burrage, amoureuse du ténor Isaiah Bell, la domestique sous les traits de la soprano Jana Miller et leur ami commun, Philippe Bolduc, baryton. Chacun possède le talent nécessaire de comédien en plus du talent d'interprète et chanteur.  De belles voix, un sens de l'humour étonnant, des regards brillants d'intelligence, des sourires de complicité dans leur rôle respectif, une attentive écoute du pianiste-accompagnateur, bref, les JMC offrent l'élite canadienne des plus grandes scènes de demain à nos oreilles avides de beauté.

Un public pas assez nombreux pour cette église de plus de 300 places disponibles. Mais il y avait longtemps que les JMC n'avait offert un tel choix à notre région. Il faut développer le public, l'informer et le convaincre que la qualité offerte par les JMC voyage bien. C'était leur dernière prestation printanière de cette tournée canadienne. Le public était content, fier et généreux dans ses applaudissements, démontrant ainsi sa satisfaction pour une aussi belle soirée à l'opéra  au coeur de notre belle  région.

Marie-Christine Poirier et Sola Nkani, duettistes piano-chant

Le 28 avril, le Café-Théâtre les Beaux Instants, présentait ce duo de jeunes femmes musiciennes, joyeuses, et fort talentueuses.

La pianiste Marie-Christine détient, en plus d'une maîtrise en interprétation,  un DESS (diplôme d'études supérieures spécialisées) en piano 4 mains/2 pianos avec sa collègue Amélie Fortin, avec qui elle forme le Duo Fortin-Poirier.   Ce dernier a été sélectionné pour une grande tournée de concerts pour 2013-2014 par les Entrées en Scène Loto-Québec.

La mezzo-soprano Sola détient aussi une maîtrise en interprétation de l'Université de Montréal. Elle se produit autant en formation jazz qu'en formations classiques. Elle complète une formation à l'enseignement à l'Université d'Ottawa.

Elles forment ensemble le SMC Duo.  Une théâtralité, des beautés sensuelles, charmantes et éclatantes, du velours musical, tout y est pour une réception chaleureuse du public satisfait.

Habillées de robes noires seyantes et  sensuelles, sculptant leur beauté corporelle indénialbe d'une jeunesse encore toute présente, ces jeunes femmes nous présentaient leur Musique en terre  d'Amérique.

Elles nous ont présenté des oeuvres de George Gershwinn, célèbre compositeur américain, des Negro Spirituals traditionnels, des mélodies hébraîques de Maurice Ravel qui, tout en n'étant pas un compositeur d'Amérique, aimait bien l'oeuvre de Gershwin, des Exercices de style de José Evangelista, drôlement efficaces pour dérider un public du dimanche matin. Un même texte avec des mélodies et des arrangements selon divers styles de langage et de musique.  Drôle à s'esclaffer de rire. 

Puis du québécois Lionel Daunais, qui nous a quittés en 1982, Sept épitaphes plaisantes.  De quoi sourire ici, encore l'humour qui rassemble... Et ces artistes et leur public de tous âges.

Pour finir, elles nous interprétaient des Cabaret Songs de William Bolcom, toujours vivant. Encore de l'humour et de la fantaisie. Musical new-yorkais, comme une prime d'Amérique...pensais-je. Des vocalises sensuelles, des sons chuchotés, dans Amor, des regards de comédienne expérimentée...

Une diction impeccable autant en anglais qu'en français dans les textes chantés, un accent de québécoise bien adaptée dans les textes parlés, une sobriété dans le geste souvent empreint d'intériorité profonde, des consonnes qui sonnent  dans l'émotion ténue, des yeux si éloquents, un timbre riche autant dans les graves que réussi dans l'aigu, des nuances finement ciselées, et une pianiste attentive qui suit la chanteuse dans un pas de deux attentif... voilà qui réussit à combler son auditoire.

Une autre excellente proposition du diffuseur Azimut régional.

Thierry Bégin-Lamontagne, guitariste surdoué à la maison de la musique Sorel-Tracy

Le 24 avril dernier, dans le cadre de la série Jeunes Artistes prometteurs,  le Salon Desjardins de la maison de la musique recevait avec un grand plaisir ce  jeune virtuose de la guitare classique.

Il nous a offert d'abord la Chaconne de la 1ère Partita de Jean-Sébastien Bach, puis le dernier mouvement d'une suite espagnole composée à la Renaissance, puis diverses autres oeuvres de compositeurs  originaires de l'Argentine, de l'Uruguay, du Brésil, du Paraguay, bref, il nous a permis de  voyager à travers des univers nouveaux pour beaucoup d'entre nous, spectateurs comblés mais pas nécessairement connaisseurs des oeuvres de ce calibre pour la guitare classique.

Comme le programme des oeuvres choisies pour la soirée n'était pas remis par écrit au public, que de nombreuses oeuvres  portaient un titre d'une autre langue que la langue française, je n'ai pu noter les titres de celles-ci car je ne suis pas polyglotte comme notre artiste invité.  Thierry a étudié l'espagnol, l'allemand, l'italien et l'anglais.  Un surdoué, quoi!.

Il a plusieurs fois participé à notre concours du Festival de musique classique Pierre-de-Saurel pendant les années antérieures.  La directrice générale de la Maison, madame Rachel Doyon,  l'appelle même son guitariste chouchou... c'est peu dire.

Il a un sens de l'humour agréable et remarquable. Il présente ses choix d'oeuvres comme s'il était bien au-dessus du trac, comme si ces oeuvres exigeant tant de virtuosité étaient maîtrisées depuis bien longtemps... Violoniste aussi, cet élève du grand professeur de guitare aujourd'hui montréalais,  Alvaro Pierri, il remporte de nombreux prix et se produit dans de nombreuses villes incluant ses récentes prestations à Elche, en Espagne, pays renommé de la guitare classique. A Elche, on raconte que son récital a fait salle comble, une première pour un récipiendaire du concours d'Elche, depuis la création de ce concours réputé. Il revient aussi titulaire du 1er prix du concours prestigieux de Coria, aussi en Espagne.

Un jeune génie de la guitare.  Il nous a présenté de la guitare tout en dentelle...de la frivolité de dentellière... Parfois la caisse de la guitare sert de percussion dans des oeuvres modernes, parfois elle n'est jouée que sur les cordes ouvertes, de l'acrobatie de guitariste.  Un phénomène...

Je l'avais déjà apprécié lors de ses précédentes  prestations au concours de notre Festival, maintenant, après une plus longue audition à l'occasion de ce récital sans entracte, il a su démontré tout son professionalisme et son talent de musicien, d'interprète et d'artiste. 





Odette Langlois, artiste d'arts visuels, à l'exposition de la Maison des Gouverneurs

La ville de Sorel-Tracy présente Amicabilis d'Odette Langlois, artiste multimédia, depuis le 14 avril dernier. Jusqu'au 31 mai, nous sommes invités à découvrir le talent d'une résidente de Saint-Aimé, village voisin du nôtre.

Elle nous propose plusieurs oeuvres inédites sur plaque d'acier. Elle y mêle, avec subtilité et talent,  figuration et abstraction.  Elle utilise tout autant les couleurs chaudes de rouille, rouge, que les couleurs de gris, noir ou bleu. De quoi plaire à plusieurs amateurs ou connaisseurs, ...des prix de vente raisonnables sont affichés...

Elle offre aussi un travail artistique sur une porte d'acier, suspendue... disponible à être vue sur tous les côtés. Une audacieuse installation...

Oeuvre de maturité présentée ici, madame Langlois était disponible le 21 avril dernier, après la prestation du chanteur et guitariste André Champagne, à discuter avec le public.  Souriante, elle semblait fière d'offrir son regard sur la vie à tous ceux qui veulent bien participer à mieux connaître et partager ce regard personnel, intégré.

Formée à l'Université de Montréal, cette artiste multi-média a déjà présenté des expositions solos et performances dans d'autres lieux et villes. Sa signature est personnelle, colorée, singulière.

Elle offrait aussi, à l'étage, la possibilité d'admirer  des sculptures créées par son conjoint YvesDe Celles et par Jocelyn  Parenteau, ses amis d'arts visuels, ses hommes...d'art...

André Champagne chante la chanson française et québécoise

Accompagné avec talent par Gabriel Laprade au piano et au saxophone, l'animateur bien connu de notre radio régionale, André Champagne, aussi guitariste,  nous a offert son interprétation de plusieurs grands succès de la chanson francophone, ce dimanche 21 avril dernier, à la Maison des Gouverneurs de Sorel-Tracy.

Il décolle son récital avec un grand succès de Joe Dassin, enchaîne avec Marie-Hélène  de Sylvain Lelièvre, une autre belle de Félix Leclerc, dans un marais, ..., un succès de Daniel Lanoie, puis Champs Elysée, bien traduit par un saxophone sensuellement musical, puis une présentation théâtrale de ses souvenirs d'adolescent chanteur avec J'e m'voyais déjà  d'Aznavour, puis son choix musical lors du décès de Gaston Bélanger lors d'une émission de radio, Petit matin, encore de Sylvain Lelièvre.  Pour André Champagne, cette dernière est sa chanson préférée, toute catégorie, nous confia-t-il.

L'hymne au printemps, de Félix Leclerc, suivait avec l'explication du nouvel aménagement de fleurs qui embellissent la nouvelle résidence de notre interprète du jour, ensuite L'escalier  de Paul Piché, puis  une chanson de mariage, dit-il, Une chance qu'on s'a de Jean-Pierre Ferland.

Un répertoire connu, apprécié du public présent, de légères friandises musicales, sans complication, juste pour le plaisir.  Toutefois, il manquait la mémorisation suffisante des textes chantés. Un léger bémol à un après-midi festif, joyeux pour nous permettre d'apprécier le temps qu'il fait en ce printemps agréable.

Charles Robert Gaudette: un sorelois à découvrir, talent exquis

Le 18 avril dernier, Azimut Diffusion nous a présenté au Marine Cabaret le spectacle de Charles Robert. Entouré d'excellents musiciens, Antoine Lachance à la guitare, Louis-Étienne Sylvestre à la basse et Hugo Bernard à la batterie, il nous présentait son premier album dont on peut voir les vidéos enregistrés lors du lancement le 14 novembre dernier  au Patro Vys sur son site Charles Robert.ca

Pianiste, guitariste, auteur-compositeur, Charles Robert deviendra sous peu un incontournable de notre chanson québécoise, s'il persiste  à disparaître là  oû chantent les voix...

Les voix, il semble en entendre plusieurs, car il nous démontre qu'il connaît les mots, les mélodies, les rythmes, il sait charmer le public par ses yeux brillants, sans crainte ni esbroufe, il s'impose par sa tête bien faite et son coeur si sensible.

Son album Inverser les pôles est disponible à la Maison de la Musique Sorel-Tracy, dont il est aussi un  bénévole administrateur du conseil d'administration depuis novembre 2012.

Sa chanson Tu m'as dit  nous explique que l'amour donne des ailes et apaise la solitude universelle. Il nous propose de chanter plus fort que les tremblements, et aussi plus fort que les ouragans.  Tout un tapage...et son monde bascule.
Le besoin de faire différemment que ce que la masse attend de moi. Courageux, se faire un prénom quand son père a fait son nom...

Depuis l'âge de 15 ans, Charles écrit. Il est parfois bassiste dans divers projets. Il gagne des prix, il enregistre avec d'autres groupes, il parcourt la province et même s'est produit à Ottawa dans le cadre de l'ouverture du gala des prix Juno.

Sa chanson Disparaître nous explique que le grand miroir n'a plus de place devant moi, son goût de couper les ponts. Un sorelois, les ponts, il connaît...

Les choses sont étranges, sa sublime, son hit, visionné plus de 400 fois sur le web, mérite un arrêt, une écoute.  Lors de l'acquisition de son EP, en décembre dernier, cette pièce m'a mis les larmes aux yeux.  Quel éloge à la mère aimée, délaissée, j'ai cru que tu allais te noyer,  j'ai cru que t'en mourrais... Pourquoi il est reparti, malgré ses longs discours, la main sur le coeur, en manteau de velours...Moi j'pense qu'y a pas d'coupable, y a juste la vie qui déboussole parce qu'on prend toujours tout pour acquis...Ton sourire s'est caché en dedans. tu ne l'as pas oublié derrière...Il est parti comme décolle un  avion. parti pour ailleurs,...mais pas comme un voleur, simplement comme ça, parce que les choses sont étranges... Wow.

Puis un hymne à l'amitié, m'a-t-il confié,  aussi sur cet album de 5 chansons.  Si je devais tomber d'un gratte-ciel de mille étages, serez-vous là  les bras ouverts...se termine par je sais que vous serez là, les bras ouverts... Une confiance affirmée en l'autre, les amis, les pairs... Un jeune chanteur que plusieurs souhaiteraient pour gendre...lui disais-je à la fin du spectacle. Il souriait...

Puis la chanson-titre de l'album, Inverser les pôles,  par danser sa vie jusqu'à en perdre le contrôle, ...alors qu'on ne comprend plus nos rôles..., quand le bonheur tarde à se pointer, le soleil et les nuages, les chiens sales et les rois mages...vivre sans lendemain, sous la chaleur des néons, le coeur pour ce soir, demain nous verrons...tu ne veux pas mourir délaissé, je crois qu'à l'intérieur, on voudrait tous marquer, au fer, les coeurs...

Une poésie qui s'épanouit sur ce premier album, un nouveau en préparation.  Le 18 avril, il nous a livré des nouveautés à paraître, des couloirs de folie, de cette folie créatrice de magie et de beauté.  Il nous a transporté ailleurs.  Et je prédis qu'il marquera nos coeurs au fer...avec le temps...

Appuyons ce jeune artiste sorelois, il  ira loin. Encourager la relève d'une telle qualité est un devoir de mélomane et de citoyen, pensais-je en l'écoutant ce soir-là. Entouré par des musiciens généreux, chacun donnant le meilleur de lui-même, sans vedette formelle, un groupe à soutenir. 

Ils ont même eu la gentillesse de faire participer l'auditoire à chanter, rythmer, les musiciens dispersés dans la salle et encourageant les spectateurs à donner sa part de bonheur aux autres autour de soi...

J'en suis revenue heureuse, émue, cela se sent peut-être dans ce billet.  Mais tout cela est si sincèrement exprimé.